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L'art d'escamoter l'essentiel
C'est exactement là où votre article atteint sa limite. Outre l'inutile verbiage en fin de texte avec Rémi Landry, votre article refuse de voir l'essence même de cette privatisation: l'action politique visant à déstabiliser, renverser ou assassiner des opposants politiques gênants dans plusieurs pays où les intérêts géo-stratégiques sont importants. Rien n'est dit et pourtant leur raison d'être se trouve à cet endroit. Les autres activités de ces firmes privées ne sont que du maquillage à intoxication publique et une justification commode au camouflage d'actions illégales, immorales et anti-politiques que les États sont de plus en plus réticentes à accomplir via les services secrets.
Que des firmes privées protègent des ambassades ou dignitaires n'amènent aucun argument valable contre cette pratique. Ce que l'on sait, par contre - et le journaliste Gordon Brown en parle dans ses livres sur les services secrets, notamment israéliens - est la propension des États à sous-contracter des assassinats auprès de firmes (de moins en moins) anonymes telles Blackwater, au profit de l'image de services secrets dont le mandat est justement de défendre les intérêts économiques et idéologiques de leur nation (ou d'une classe générant du capital politique, la bourgeoisie).
Cette pratique, connue aux États-Unis pour l'avoir fréquemment utilisée dans la déstabilisation de l'Amérique du Sud (Chomsky en parle dans son livre Les dessous de la politique de l'Oncle Sam), permet aux États d'avoir une politique étrangère à deux étages: un étage noble et démocratique pour le peuple que les médias régurgitent sans filtres; un étage pour le pouvoir effectif et exercé hors de l'espace public.
