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Vers une construction démocratique de l'offre

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Alain Vézina (vezinaal@videotron.ca)
Envoyé Le mercredi 24 octobre 2007 13:00



Je suis tenté de prolonger l'argumentation de M. Patrick Déry avec mon regard de sociologue.

On se trompe si l'on croit que l'irruption de l'écologie dans notre horizon de préoccupations est temporaire. À moins de cataclysmes mettant à bas la civilisation planétaire en constitution, ce champ d'action et de réflexion se fera un empire dans nos esprits, à n'en pas douter. Nous serons 2,5 milliards de consommateurs humains de plus au cours de ce siècle. Le GIEC (prix Nobel de la paix - 2007), dont les estimations sont probablement trop optimistes, considère que le monde doit rapidement, pour 2050, divisé par 2 sa production de gaz à effet de serre en rapport à 1990. La part du nord-américain moyen dans cette réduction signifie qu'il divise sa production de gaz à effet de serre PAR 30 sur la même période. Ce qui est amusant, c'est que nous ne pouvons rien espérer de la moitié la plus pauvre du monde, qui en produit peu. Cet effort devra effectivement être fait par les plus riches, par ceux qui effet les produisent. Pas moyen d'esquiver.

L'écologie c'est la nécessité d'intégrer le long terme voire l'infini temporel. Dans l'action cela signifie de prolonger le regard sur les conséquences de nos actes, de nos choix, sur les deux axes temporels. Qu'avons-nous fait...que faisons-nous...qu'elles en seront les conséquences ultimes avec tout un lot d'incertitudes. Cela vaut au niveau collectif comme au niveau individuel, mais c'est le collectif qui doit s'organiser pour permettre de développer la responsabilité individuelle et que cela ne soit pas un fardeau intenable pour les individus.

S'organiser pour une telle prolongation du regard sur nos actions c'est que j'appelle avec d'autre la construction de l'INTELLIGENCE COLLECTIVE. Hors, dans une société de marché, on veut faire vite et on renonce à cette construction. Dans le cas qui nous occupe, la preuve en est l'arrivée tardive de l'argumentation de M. Déry.

Un projet comme Rabaska arrive devant le BAPE et le public, tout fignolé avec ses études d'impacts. L'offre qui nous est faite est déjà constituée. En gros, il ne reste plus à ses promoteurs qu'à déconstruire les objections de ses adversaires, au prix de quelques compromis éventuellement.

Y a-t-il besoin de DÉVELOPPER UN PROJET de port méthanier au Québec ? Voilà la première question qui aurait à être débattue et être soumise au BAPE. Si oui, à quelles conditions ce projet peut-il être acceptable ? De là, avec des arguments comme ceux de M. Déry et d'autres objections, on construit collectivement ce qui sera l'offre finale dans laquelle est intégrée la gestion des risques. Ainsi, si l'on juge que les contraintes allemandes faites au marché sont essentielles afin de rendre l'offre acceptable, on s'organise en l'intégrant dans l'offre. Ici, dans le cas des allemands, ce sont des politiques publiques très explicites et préalablement établies qui ont intégrées à l'offre.

Retour périodique au BAPE, comme lieu où s'approuve (ou se réprouve) la construction de l'offre en son état d'avancement, ou s'agrège les objections et se prolonge la construction de l'offre jusqu'à une acceptabilité finale. Bien sûr le refus de donner suite reste une possibilité tout au long du processus.

La construction de l'INTELLIGENCE COLLECTIVE tout comme la responsabilité sociale ou l'environnement ne sont pas indifférents à la façon dont nous construisons nos projets et les amenons dans l'espace public. Mettons moins en marché, mettons plus en CITÉ. Le BAPE dans le cadre de son mandat actuel tient encore trop de la mise en marché.

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