Flaherty ne forcera pas les détaillants à baisser leurs prix

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La Presse canadienne
Édition du mercredi 24 octobre 2007

Mots clés : Jim Flaherty, Commerce, Économie, Canada (Pays)

Ottawa -- Le ministre des Finances, Jim Flaherty, ne veut pas que les Canadiens aillent faire leurs emplettes des Fêtes aux États-Unis parce que les prix y sont plus bas qu'ici. Mais il n'a pas pour autant l'intention de forcer la main aux détaillants, avec lesquels il s'est entretenu hier à Ottawa.

À l'issue de la rencontre, le ministre a réitéré sa foi dans «les forces du marché» et indiqué qu'il n'avait pas l'intention de forcer les commerçants à réduire le prix de leurs produits maintenant que le dollar canadien vaut autant que le billet vert.

«Laissez le marché faire son travail. Si le marché fonctionne, les prix baisseront», a-t-il insisté, lors d'un point de presse dans les bureaux de son ministère.

Pour sa part, le gouvernement entend contribuer à réduire les coûts des entreprises, notamment en diminuant leur taux d'imposition tel que promis dans le discours du Trône.

Il semble cependant que ces baisses très attendues ne seront pas annoncées avant le printemps. Le ministre a en effet confirmé que la mise à jour économique de novembre ne contiendrait que de l'information générale sur les revenus et dépenses de l'État.

En attendant le budget, le gouvernement encourage les commerçants à expliquer leur méthode de fixation des prix afin que les consommateurs comprennent bien le système. Il les incite aussi à «veiller à ce que leurs prix traduisent la nouvelle réalité».

«Les Canadiens travaillent fort pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Ils méritent de payer un prix qui reflète la vigueur du dollar canadien lorsqu'ils font des achats», a-t-il martelé à l'issue de sa rencontre avec des représentants du secteur du commerce de détail.

Déception

Cette exhortation a déçu les partis d'opposition, qui espéraient une intervention un peu plus musclée du gouvernement en faveur des consommateurs, qui paient en général plus cher que leurs homologues américains pour les mêmes biens.

Le porte-parole du Bloc québécois en matière de Finances, Paul Crête, a qualifié la déclaration de M. Flaherty de «pétard mouillé». À son avis, le ministre devrait venir en aide au secteur manufacturier qui éprouve des difficultés plutôt que de faire des déclarations vides aux médias. C'est aussi l'avis du néo-démocrate Thomas Mulcair, qui craint que les plus petits détaillants qui ont moins de poids auprès de leurs fournisseurs pâtissent de l'inaction d'Ottawa.

Diane Brisebois, du Conseil canadien du commerce de détail, soutient que «les consommateurs ne se font pas avoir». Elle reconnaît néanmoins qu'il faudra un peu de temps avant que les entreprises s'ajustent et que les PME devront faire des efforts particuliers pour améliorer leur rentabilité.

À son avis, les prix ont déjà commencé à baisser et le mouvement se poursuivra puisque les détaillants feront tout ce qu'ils peuvent pour éviter que leurs clients traversent la frontière pour faire leurs achats de Noël.


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