Les démocrates relancent leurs attaques contre Bush

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AFP
Édition du mercredi 24 octobre 2007

Mots clés : démocrates, George W. Bush, Gouvernement, États-Unis (pays), Irak (pays)

George W. Bush a prononcé un discours hier à l'Université de la défense nationale.

Photo: Agence Reuters

Washington -- Les démocrates, qui ont systématiquement échoué dans leurs tentatives d'en finir avec la guerre en Irak, relancent leurs attaques contre George W. Bush, qu'ils accusent de détourner l'argent nécessaire aux pauvres et aux malades pour financer le conflit.

Le Parti démocrate, qui détient la majorité au Congrès, a accusé hier le président américain de se tromper de priorités en réclamant une rallonge budgétaire pour les opérations militaires en Irak et en Afghanistan en 2008.

Hillary Clinton, sénatrice de New York et candidate à l'élection présidentielle, a indiqué dans un communiqué qu'elle ne voterait pas pour cette rallonge, sauf si elle s'accompagne d'un début de retrait des troupes américaines.

«L'escalade pratiquée par le gouvernement Bush en Irak n'a pas abouti à la réconciliation politique, et nos troupes sont toujours au milieu d'une guerre civile. Je ne peux et ne veux soutenir le financement d'une loi qui ne prévoit pas un début de retour de nos troupes», écrit-elle. «À moins que le gouvernement ne change de cap en Irak, je voterai contre la demande de rallonge», poursuit-elle.

M. Bush a formellement demandé lundi, au Congrès, 42,3 milliards supplémentaires, qui s'ajoute à une rallonge de 147 milliards pour l'année fiscale 2008, commencée le 1er octobre. Avec ces 189,3 milliards et d'autres demandes annexes placées sous le libellé de la «guerre contre le terrorisme», le collectif budgétaire soumis par M. Bush s'élève désormais à 196,4 milliards.

«D'une main, le président demande près de 200 milliards de dollars de notre argent pour l'Irak, a déclaré Robert Menendez, sénateur démocrate. De l'autre, il met son veto à une loi qui bénéficierait aux hôpitaux, à l'éducation des jeunes enfants, à la sécurité des travailleurs, à la recherche contre le cancer», a-t-il ajouté.

La stratégie des démocrates semble de plus en plus consister non pas à tenter de mettre fin à la guerre -- les leaders démocrates reconnaissent que cela paraît politiquement presque impossible -- mais à mettre sur la sellette les parlementaires républicains dans la perspective des élections de 2008.

«Alors que nous nous approchons des élections de novembre 2008, nous pensons que beaucoup de sénateurs républicains vont devoir réfléchir et décider s'ils veulent voter pour le changement», a indiqué Dick Durbin, sénateur démocrate.

Le président Bush a pour sa part mis au défi les démocrates d'approuver la rallonge budgétaire «le plus vite possible». «Je sais que certains au Congrès sont contre la guerre et cherchent les moyens de manifester cette opposition, [...] mais ils doivent veiller à ce que nos soldats aient ce qu'il faut pour réussir. Nos hommes et nos femmes sur le front ne doivent pas se retrouver pris au milieu des querelles partisanes de Washington», a-t-il dit.

Sur les 42,3 milliards supplémentaires réclamés, 14,1 milliards serviraient à protéger les soldats contre les engins explosifs artisanaux, qui causent la majorité des pertes en Irak, et contre les tireurs embusqués, selon la Maison-Blanche.

Le sénateur Durbin a reconnu que, en dépit de la nouvelle stratégie démocrate, il doute que son parti puisse forcer M. Bush à changer sa tactique. «S'il s'agit de transférer d'énormes sommes du budget de la guerre en Irak à des priorités intérieures, je ne pense pas que le président sera prêt à le faire», a-t-il dit dans un point de presse.


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