La Cour fédérale rejette la requête de l'imam Saïd Jaziri
Mots clés : imam, Saïd Jaziri, Cour fédérale, Religion, Immigration, Canada (Pays), Tunisie (pays)
Le résidant montréalais pourrait être renvoyé dans son pays d'origine, la Tunisie, dès aujourd'hui

Photo: Jacques Nadeau
En fin d'après-midi, la Cour fédérale, à Ottawa, a rejeté une requête de sursis déposée quelques jours plus tôt.
Peu avant cette décision judiciaire, la ministre de l'Immigration, Diane Finley, avait refusé d'intervenir dans le dossier, comme l'y invitait dans une lettre un comité de soutien à l'imam montréalais.
Jointe au téléphone hier en début d'après-midi, l'épouse de M. Jaziri, Nancy Ann Adams, disait fonder ses espoirs sur une intervention ministérielle. Les amis de l'imam ont fait valoir que celui-ci risque la torture dans son pays d'origine s'il y est renvoyé.
M. Jaziri affirme qu'il a déjà été torturé lors d'une détention en Tunisie durant les années 1990, peu avant de quitter ce pays à destination de la France, puis du Canada.
Arrivé au Canada en 1997, le religieux controversé a obtenu le statut de réfugié l'année suivante. Ce statut lui a été retiré en 2006, après que les autorités eurent découvert qu'il avait déjà eu un casier judiciaire en France et qu'il n'en avait pas fait état dans sa demande d'asile. Saïd Jaziri avait été condamné en 1994 pour complicité de coups et blessures à la suite d'une manifestation devant une mosquée à Nice.
Un imam controversé
L'imam a suscité la controverse à quelques reprises depuis qu'il s'est installé à Montréal, notamment en se déclarant favorable à l'établissement de tribunaux islamiques et en proposant la construction d'une immense mosquée.
Tout récemment, il avait tenu des propos homophobes au cours d'une émission diffusée à la chaîne TV5.
C'est lundi dernier que le ministère fédéral de l'Immigration a délivré un mandat d'arrêt contre l'homme de 40 ans, qui est détenu depuis mercredi au Centre de prévention de l'Immigration à Laval, où il poursuit une grève de la faim.
Amnistie internationale s'est jointe aux défenseurs de l'imam, tout en affirmant ne pas partager les idées de M. Jaziri.
L'imam «est avant tout un être humain qui a des droits fondamentaux, dont celui de ne pas être soumis à la torture», a expliqué à Radio-Canada une représentante de l'organisation, Claudette Cardinal.
L'épouse de M. Jaziri a déclaré que l'état de santé de son mari se dégradait depuis qu'il est en détention. «Mon mari fait souvent allusion au nombre d'heures qui lui restent au Canada avant d'être finalement déporté vers la torture», a-t-elle ajouté hier lors d'un point de presse à la télévision de Radio-Canada.
Nancy Ann Adams n'accompagnera pas son mari s'il doit comme prévu s'envoler aujourd'hui vers la Tunisie, en raison de sa grossesse avancée, mais elle a indiqué qu'elle le rejoindrait après la naissance de leur enfant.
Avec la Presse canadienne

