Élections en Pologne - Tusk bat les jumeaux Kaczynski
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Photo: Agence France-Presse
Les libéraux frôlent ainsi la majorité absolue de 230 sièges sur 460 à la Diète (chambre basse). Ils ne devraient pas avoir de problème à former un gouvernement. Dès la clôture du scrutin, le PSL s'est déclaré prêt à coopérer avec les libéraux. «Jaroslaw Kaczynski est calme, il est confiant que le PiS reviendra au pouvoir», a déclaré à l'AFP le secrétaire général du PiS, Joachim Brudzinski.
Ces élections anticipées, considérées comme un référendum sur les deux années de gouvernement des Kaczynski, ont largement mobilisé les électeurs. Le taux de participation a atteint un record pour ce genre de scrutin depuis la fin du communisme en 1989: 55,3 % selon un sondage pour la télévision TVN.
Mais cette affluence a causé des perturbations sérieuses dans le scrutin. Certains bureaux ont manqué de bulletins de vote et la Commission électorale a décidé de prolonger les opérations de vote dans certains bureaux de Varsovie jusqu'à 22h55 (heure locale) au lieu de 20h. Les résultats du scrutin étaient très attendus à l'étranger, les conservateurs au pouvoir ayant multiplié les conflits avec l'Allemagne, l'Union européenne mais aussi la Russie.
Les quelque 30,5 millions de Polonais appelés aux urnes ont renouvelé les deux chambres du parlement, 460 députés élus à la proportionnelle et 100 sénateurs élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour.
Les anciens alliés du PiS au pouvoir, le parti populiste Autodéfense (Samoobrona) et l'extrême droite ultracatholique de la Ligue des familles polonaises (LPR), sont éliminés du parlement, avec moins de 2 % des voix selon les sondages, soit largement moins que les 5 % requis. C'est l'éclatement cet été de la coalition du PiS avec ces deux partis qui a été à l'origine des élections anticipées, deux ans avant l'échéance normale. Mis en minorité au parlement, le premier ministre Jaroslaw Kaczynski s'était résolu à cette solution, confiant dans son programme de lutte contre la corruption et son ambition de débarrasser la Pologne des vestiges du communisme.
Les libéraux ont plutôt axé leur programme sur l'avenir et promis de stopper l'hémorragie des jeunes, dont plus d'un million sont partis travailler en Grande-Bretagne et en Irlande depuis l'adhésion de la Pologne à l'UE en 2004.
La campagne électorale a été brutale. Les conservateurs au pouvoir n'ont pas hésité à se servir des services spéciaux pour discréditer leurs adversaires. Mais Jaroslaw Kaczynski a perdu coup sur coup deux débats télévisés, contre l'ex-président social-démocrate Aleksander Kwasniewski et surtout contre le chef des libéraux Donald Tusk.
L'un des frères, le président Lech Kaczynski, élu en 2005 pour cinq ans, restera à son poste jusqu'à la fin de 2010. Mais ses pouvoirs sont limités, surtout face à un futur premier ministre qui ne sera pas son frère jumeau.

