Opinion

La politique spectacle

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Irénée Rutema, Président et chef de la direction Mature relations publiques

Édition du lundi 22 octobre 2007

Mots clés : stratégie de communication, infrastructures, Jean Charest, Gouvernement, Québec (province)

Analyse de la nouvelle stratégie de communication de Jean Charest et de son gouvernement

La conférence de presse du premier ministre Jean Charest et de sa ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, pour annoncer l'investissement de presque 30 milliards afin de rajeunir les infrastructures désuètes du Québec, marque l'instauration d'une nouvelle stratégie de communication.

En effet, les observateurs de la scène politique québécoise notent un changement spectaculaire dans la communication du gouvernement depuis l'arrivée de John Parisella comme conseiller bénévole de Jean Charest. Monsieur John Parisella est président de l'Agence BCP et ancien chef de cabinet de Robert Bourassa et de Daniel Johnson. Il est aussi spécialiste de la politique américaine. À ce propos, il faut noter que lors de la conférence de presse que ressemblait davantage à un spectacle, Jean Charest ressemblait à un politicien américain, voire à un prédicateur américain. Il était entouré par une douzaine «d'apôtres-ministres» pour prêcher la bonne nouvelle. En outre, il était seul sur la scène et il se promenait sur la scène également avec un micro accroché sur sa veste.

Cette conférence était vivante et contraste avec les conférences de presse habituelles avec un lutrin. Jean Charest est un excellent communicateur et il connaît bien ses dossiers. C'est une force de le mettre en avant et d'exploiter au maximum ses forces. Cependant, le problème du Parti libéral du Québec n'est pas le parti ni le programme, mais le messager.

Le problème du gouvernement libéral est sans aucun doute Jean Charest. Son message ne passe plus chez les Québécois de tous les horizons. À ce propos, Le Journal de Montréal nous apprenait dans son édition du 11 octobre 2007 que même l'influente communauté juive ne désire plus être l'otage du PLQ. Les anglophones et les allophones commencent également à déserter le navire libéral. Le gouvernement devrait utiliser les ministres les plus populaires pour réussir sa communication et cacher dans le Bunker de la Grande-Allée les plus arrogants dont Claude Béchard et Jacques Dupuis. Les ministres que Charest devrait envoyer dans l'espace public sont Philippe Couillard qui fait un excellent travail comme ministre de la Santé et des Services Sociaux et comme ministre responsable de la Capitale-Nationale. Il y a également Raymond Bachand qui jouit d'une excellente réputation dans tous les milieux au Québec. De plus, Nathalie Normandeau est une ministre qui est estimée.

John Parisella devra faire un autre travail colossal sur l'image du premier ministre. Jean Charest portait encore une veste trop grande comme lors du dernier débat des chefs. Le noeud de sa cravate est toujours mal noué. À ce propos, les conseillers en image devraient regarder la tenue remarquable d'André Boisclair, de Mario Dumont ou du président français Nicolas Sarkozy et s'en inspirer. Ces derniers hommes politiques sont parmi les politiciens les mieux habillés. Cette citation d'Amy Fine Collins, l'une des rédactrice chargée du numéro spécial Vanity Fair qui a classé le président français parmi les hommes les plus élégants à côté de Brad Pitt et de David Beckham, semble éloquente sur l'importance d'être bien habillé sur la scène politique: «Nicolas Sarkozy est habillé avec une classe internationale. Il a fière allure, à la fois masculin et romantique, avec un sens développé de l'humour et de l'aisance.»

Néanmoins, le temps presse pour John Parisella. En effet, la nouvelle stratégie de communication arrive trop tard. La nouvelle stratégie de faire des conférences de presse spectacles ne convainc pas les analystes de la politique québécoise. À ce sujet, l'analyste politique Michel C. Auger a déclaré au Téléjournal du 11 octobre 2007 que l'opération de Jean Charest «ressemble à une manoeuvre électorale» et que cette opération n'était qu'«un exercice de relations publiques».

Une fois de plus, c'est le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, qui a bien résumé la présentation spéciale de Jean Charest et de son gouvernement. Il a déclaré à une journaliste de TQS ce qui suit: «C'est la troisième fois que le gouvernement annonce ce projet [...]; [cette fois] ils en ont mis plus côté spectacle.»

En conclusion, il est manifeste que Jean Charest a confié un défi titanesque à John Parisella. En effet, les icebergs sont plus que visibles de l'intérieur du navire libéral puisque plusieurs membres des cabinets ministériels commencent à quitter le navire...


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