Vos réactions
Un philosophe au service de la théologie
Dans A Catholic Modernity? Taylor parle de la dimension religieuse de ses engagement intellectuels. Taylor y déplore que les élites intellectuelles aient tendance à considérer le Catholicisme comme non- pertinent, voire menaçant pour la philosophie.
Dans A secular age, Taylor analyse le phénomène de sécularisation de la société en identifiant trois types de sécularisation. Le premier type correspond à la séparation de l'Église et de l'État. Le deuxième correspond au déclin de la pratique religieuse des individus. Le troisième type de sécularisation est celui qui inquiète le plus l'auteur. Il correspond à la progression de l'incroyance généralisée. Selon Taylor, les sociétés post-modernes auraient atteint un stade où il est indifférent de croire ou de ne pas croire où il est de surcroît acceptable de croire à ce qui nous convient plutôt que de se référer aux croyances traditionnelles et culturelles propres au groupe identitaire auquel devrait normalement appartenir chaque individu.
La thèse de Taylor est que la première forme de sécularisation est la cause principale de la troisième forme de sécularisation.
Taylor s'est toujours montré très peu favorable à la laïcité des institutions publiques tant réclamée par une majorité de québécois. Même une forme relativement modérée de laïcité institutionnelle provoque chez Taylor une résistance farouche. Il associe systématiquement les promoteurs de la laïcité à une forme intransigeante de pensée qu'il désigne en des termes peu flatteurs comme : « hard-line secularists and assimilationnists » ou « têtes-dures » .
Il faut comprendre que ces termes quelque peu « excessifs » sont certainement justifiés aux yeux d'un croyant pratiquant qui, à partir d'un lien de causalité certes fort discutable, est convaincu que la laïcité des institutions publiques mène en droite ligne au démantèlement de l'Église Catholique Romaine à laquelle il semble très attaché.
Une question déplaisante mais nécessaire s'impose étant donné le contexte particulier dans lequel nous nous trouvons : Est-ce que Charles Taylor, en tant que co-président d'une commission dont l'un des mandats est de rendre une opinion claire quant à la place que peut occuper la religion dans la société civile, a l'esprit assez ouvert pour être en mesure de recevoir de manière impartiale tous les arguments qui peuvent être amenés devant la commission ?
