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"Vivre dans une ère laïque" : ce qu'en pense un Belge.

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THYS Michel (michelthys@tele2allin.be)
Envoyé Le dimanche 21 octobre 2007 14:00




"HITCHENS et compagnie soutiennent que la religion et la croyance religieuse sont des phénomènes toxiques".
Bien qu'à des degrés divers la foi ait évidemment des aspects positifs (amour du prochain, espérance, réconfort, sentiment d'appartenance à une communauté, ...), l'actuelle évolution des esprits et des mentalités tend en effet de plus en plus à
les faire apparaître comme nocives, tant sur les plans individuel et collectif qu'historique. Ne songeons qu'aux guerres de religion passées, présentes et logiquement futures.
"TAYLOR avance,lui, que les perspectives spirituelles sont nécessaires lorsqu'on tente d'expliquer et de résoudre le choc entre les nations, les religions et les cultures".
Lorenzo DI TOMASO, professeur de théologie, ajoute que "le livre de TAYLOR est un essai sur la redécouverte de la spiritualité, et non une apologie de la religion".
Mais l'un et l'autre ne semble pas distinguer, du moins explicitement, la différence entre spiritualité religieuse et spiritualité laïque, encore plus inconnue, semble-t-il, outre atlantique qu'en Europe. La raison en est que l'humanisme
"laïque" (et non "laïc", car c'est celui qui assiste un curé)
est rétif à tout prosélytisme, chacun devant idéalement découvrir et accepter librement l'option laïque, ce qui en freine la promotion.
Hélas, malgré les excellentes intentions d'ouverture pluraliste du nouveau cours "éthique et culture religieuse", je constate que les deux programmes privilégient l'approche chrétienne, l'expérience religieuse, la découverte de six religions, des arts religieux, etc..., sans doute par respect des traditions et de l'identité canadienne, mais sans aucune allusion aux fondements et aux objectifs de la laïcité, qui est pourtant une alternative non aliénante capable de développer la conscience morale et de faire découvrir un sens moins individualiste à donner à son existence.Il s'agit théoriquement d'une approche non plus affective, en l'absence d'esprit critique, comme celle fondée sur l'exemple , au sein d'une famille croyante avant 6 ans, mais bien "intellectuelle" après cet âge. Encore faudrait-il que les enseignants traditionalistes acceptent honnêtement, sans prosélytisme ni récupération, de s'adapter à ce nouveau cours, en faisant découvrir aux jeunes des horizons nouveaux et des alternatives permettant un choix ultérieur aussi libre que possible de leurs convictions philosophiques ou religieuses. Par simple honnêteté intellectuelle.
Ce faisant, ils compenseraient l'influence unilatérale de la famille, en vue d'une meilleure égalité socio-culturelle et d'une adaptation réussie à la modernité multi-culturelle.
Que cette famille soit croyante ou non, d'ailleurs. En effet, que nous soyons parents croyants ou incroyants, nous influençons tous nos enfants, mais pas de manière équivalente, à mes yeux : alors que les premiers témoignent de leur foi par leur comportement (prières, fêtes religieuses, ...) et incitent à la soumission, les seconds témoignent de leurs doutes, mais sans inspirer d'inquiétudes métaphysiques qui pourraient n'être qu'imaginaires. Ils cherchent au contraire à développer chez leurs enfants une force intérieure suffisante, une confiance raisonnable en la science, l'autonomie, l'esprit critique à tous égards, la responsabilité individuelle,l'ouverture aux autre, la tolérance, ou plutôt l'acceptation de l'autre, mais pas nécessairement de ses idées toujours critiquables, etc ..., et ce toujours dans le but de rechercher un consensus sur des valeurs communes. Je renvoie les lecteurs intéressés à un texte de deux pages intitulé "Croire ou ne pas croire, that's the question :
http://atheisme.free.fr/Contributions/Croire_ou_pas_croire.htm
Cordialement,
Michel THYS, Waterloo, Belgique.






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