Notre fils fréquente avec succès l'école secondaire publique Lucien-Pagé située à l'angle de la rue Jarry et du bl. St-Laurent à Montréal. Cette école reçoit à bras ouverts les jeunes "ethniques" de Parc-Extension alors que les "franco-québ" de la classe moyenne de Villeray l'ont désertée. Pourtant il s'agit d'une très bonne école de quartier de la Commission scolaire de Montréal! Cherchez l'erreur! Vous avez très bien démontré les préjugés sans fondement envers les écoles publiques; ce n'est que justice rendue. Moi, je veux maintenant dénoncer l'inconséquence des québécois. Ils ont été nombreux depuis le début des audiences de la commission Bouchard-Taylor a souhaiter que les immigrants fassent plus d'effort pour s'intégrer au Québec mais que font-ils, eux, pour faciliter cette intégration au quotidien? Ils retirent leurs enfants des écoles jugées trop ethniques et/ou trop "pauvre"?! Bravo! Pour ma part je ne regrette pas le choix que nous avons fait d'inscrire notre fils dans l'école de notre quartier au lieu de l'envoyer a l'autre bout de la ville pour suivre je ne sais quel programme spécialisé. Pourtant il en aurait eu la capacité, là n'est pas la question. Nous tenons a le garder dans son quartier pour lui éviter les longues heures de transport et lui permettre de garder ses amis, il en va de sa qualité de vie. C'est simple. Or il se trouve que l'école de quartier est aussi une école qui accueille de nombreux immigrants. Et alors?! Je considère que c'est une chance unique de m'impliquer au comité de parent et de faire ma part pour le maintien du bien commun. Jamais je n'ai été décue. Les éleves sont en général très bien élevés, très bien encadrés par leurs parents qui les poussent à étudier pour garantir leur avenir dans leur nouveau pays d'accueil. Certain(e)s ami(e)s québécois(e)s de notre fils inscrits au secteur privé veulent revenir au public ... et c'est maintenant notre fils qui, en toute connaissance de cause, essaie de convaincre leurs parents de tenter "l'extraordinaire aventure exotique" de s'inscrire a Lucien-Pagé; ce qui n'est toujours pas gagné! Marie-Michelle Poisson, professeure de philosophe au Collège Ahuntsic, et résidente de Montréal