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La nation...
Il ne me semble ni juste ni utile de propager l'idée que la Chambre des Communes aurait reconnu le Québec comme nation.
Souvenez-vous, le 27 novembre 2006, le Parlement canadien a adopté la motion suivante: Que cette Chambre reconnaisse que les Québécois forment une nations au sein d'un Canada uni.
Vous aurez également remarqué qu'avant et après que cette motion ne soit adoptée, le Premier ministre, le Chef de l'Opposition et plusieurs ministres, dont Lawrence Cannon et Maxime Bernier ont expliqué, en Chambre et à l'extérieur, que ce sont les Canadiens-français, présents partout au Canada, qui forment une nation. De là, l'unique sens qu'il convient de donner à cette décision. D'ailleurs d'éminents analystes, dont le professeur Guy Rocher ont clairement démontré la filiation historique, sociologique et politique qui a conduit les francophones, au Québec et ailleurs, à se définir d'abord comme "canadiens", par opposition aux "anglais", ensuite comme "canadiens-français" et plus récemment comme "québécois". C'est d'ailleurs à cause de cette conception que le Premier ministre a fait inscrire uniquement l'epression "Québécois" dans la version anglaise de cette motion.
Bien sûr, ceci n'enlève rien à la nécessité pour le Québec de défendre et promouvoir ses compétences et ses intérêts ici et à l'étranger.
Il est de plus très prévisible que si la Cour devait, un jour, être saisie d'une demande d'interprétation de cette motion, elle se fonderait vraisemblablement sur "l'intention du législateur". Et celle-ci ne peut pas être plus tranparente: L'expression Québécois, utilisée, en français et en anglais, par la Chambre signifie les canadiens-français vivant un peu partout au Canada. Il n'est donc pas souhaitable d'entretenir le doute à ce sujet, car celui qui se permettrait de fonder des revendications politiques ou économiques sur l'idée que la Chambre aurait reconnu que le Québec forme une nation pourrat se retrouver comme ceux qui dans les années '80 soutenaient que le Québec détenait un "droit de véto". Ils ont compris qu'il n'en était rien.
Georges Paquet
