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Speak white, version Marois..!

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Mohamed Lotfi (anonymes@sympatico.ca)
Envoyé Le samedi 20 octobre 2007 08:00



Le Québec est-il devenu déjà un pays ? Le projet de loi sur la citoyenneté de Pauline Marois insiste sur la notion de citoyenneté québécoise accordée par le Gouvernement du Québec après prestation de serment du nouvel arrivant. Si je ne me trompe pas, le Québec n'a pas encore la juridiction d'accorder une citoyenneté. En vertu de la Constitution canadienne, ce pouvoir étant exclusif au Parlement fédéral en vertu de l'article 91 de l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique. S'il s'agit d'une citoyenneté symbolique, comment la prendre au sérieux aux yeux d'un nouvel arrivant déjà citoyen d'un autre pays..?

Insérer le droit à l'apprentissage du français pour tous dans une nouvelle charte des droits c'est louable, mais l'obligation d'apprentissage pour les immigrants comme une condition sine qua non à l'obtention de la citoyenneté québécoise me paraît inacceptable constitutionnellement. À défaut d'une connaissance appropriée du français, le nouvel arrivant, ne pourrait se présenter aux élections municipales, provinciales, financer un parti politique et présenter des pétitions ! Je doute sur l'éffécacité de cette manière..

Actuellement, trois partis politiques au Québec se disputent un concours de populisme. Lequel des trois va t-il se montrer le plus transigeant envers l'immigrant..? Comme si la qualité du français, la laïcité et l'identité ne peuvent être abordés que sur le dos de l'immigrant.. Comme si le Québec n'était pas capable de se tenir debout sans se pencher sur le nouvel arrivant, devenu objet de toutes les imperfections.. Je vois que la panique s'empare du PQ. S'il était l'opposition officiel, ce projet de loi aurait été certainement plus nuancée. Le PQ que je connais ne participe pas à un concours de girouettes.

Depuis l'annonce de ce projet de loi sur la citoyenneté, il y'a deux jours, j'ai reçu les commentaires de plusieurs personnes issues de l'immigration qui m'ont fait part de leur équeurement. Il faut dire que ce projet tombe à un moment ou les émotions sont vives. Mais au delà des réactions, le projet de Pauline demeure une astuce politique pour reconquérir le pouvoir. Pour piger dans l'assiette de Mario Dumont.. Par les temps qui courent, il est rentable apparemment politiquement de taper sur l'immigrant pour marquer des points, certains médias aidant.

En 95 Parizeau accusait le vote ethnique d'avoir empêché le Québec d'accéder à son indépendance. 12 ans plus tard, les comportements de certains politiciens, y compris celui de Pauline Marois n'a rien de rassurant pour des immigrants qui voient dans certains points de ce projet de loi, une façon de les traiter de citoyens de secondes zones.

Je suis d'accord pour sauvegarder le caractère français du Québec. Mais les manières policières, beaucoup d'immigrants les ont fuient. Si l'homme en politique c'est le style, la femme aussi. Je crains qu'à force de se montrer transigeant, on révèle une vulnérabilité qui aura l'effet contraire sur les résultats attendus. Une vulnérabilité qui, j'espère, n'est pas partagée par tous les membres du Parti québécois.

Je crois que le Québec peut continuer à progresser à plusieurs niveaux, en étant le model de ce qu'il attend des immigrants et non pas une police. Faut-il nécessairement vivre l'exil pour ressentir l'âme de l'exilé et sa sensibilité au rejet..?

J'invite Madame Marois et son parti à nuancer son projet de loi en mettant d'avantage l'accent sur la conception d'une charte sur la laïcité en considérant certains points que je propose dans le texte ci-bas.

Mohamed Lotfi

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Immigrant et laïque, c'est possible...!


Le 18 octobre, je lis avec stupéfaction en manchette du Devoir ''Le PQ attise la colère des immigrants''. Le genre de titre qui m'amuse par son aspect absolutiste. Les immigrants seraient encore perçu comme un groupe monolithique.

Mais de quels immigrants parle t-on ? L'article fait allusion à six personnes du Groupe d'action politique des Québécoises et Québécois issus de l'immigration du Parti québécois (GAP-QI), qui ont exprimé par une lettre, publiée le même jour au Devoir, leur réserve face au projet du PQ de proposer une charte sur la laïcité. En quoi les propos de six immigrants seraient représentatifs de tous les immigrants ?

Quand la responsable du GAP-QI, Madame Kerlande Mibel, dit que «parler de laïcité, c'est une façon de masquer l'intolérance», je lui rappelle qu'une partie de la population du Québec, qu'elle soit issue de l'immigration ou pas, exprime la même réserve face à la laïcité. Je lui rappelle aussi que le débat au Québec sur la place de la religion ne date pas d'hier. La marche du Québec vers la laïcité est entamée bien avant l'arrivée des foulards islamiques et des kirpans.. Nous connaissons l'histoire du Québec des cinquante dernières années.

Par ailleurs, je suis d'accord sur le constat que fait le GAP-QI, quand il affirme que certains politiciens, essayent de récupérer le débat actuel sur les accommodements pour provoquer un antagonisme qui n'a pas lieu d'être. Nous l'avons bien constaté lors des forums de la Commission Bouchard-Taylor que le retour du religieux n'est pas uniquement l'affaire de certains immigrants. Effectivement, la laïcité ne doit pas être présentée comme un instrument de protection contre les nouveaux arrivants. Mais ce n'est pas parce que certains politiciens messagers se montrent confus, maladroits ou populistes que pour autant il faut tirer sur le message.

J'apporte à la connaissance du GAP-QI, mais aussi à certains élus du Québec, que certains québécois issus de l'immigration, dont moi-même, sont tout aussi attachés à la laïcité que certains québécois dits de souche. Cela aussi, nous l'avons bien constaté lors des forums de la Commission. Les valeurs d'égalité homme-femme, de non violence ou de laïcité sont, pour moi, des valeurs universelles partagées par d'autres citoyens du monde dont plusieurs arrivent un jour ici.

Cette valeur universelle qu'est la laïcité demeure très mal comprise par une partie des citoyens du Québec qu'ils soient immigrants ou pas. Je dis à ceux et celle qui la considère comme une religion que cela a pris plus d'un siècle après la révolution de 1789 avant que la France instaure une loi sur la laïcité en 1905. Ni foulards islamique, ni kirpans ne circulaient alors dans les rue de Paris.. La laïcité a fini par s'imposer comme alternative pour mettre fin à des siècles de guerres de religion et pour stopper le pouvoir l'Église sur les affaires de l'État.

Dans le contexte actuel, une charte sur la laïcité serait le meilleur accommodement que le Québec peut s'offrir. Cela aura pour résultat de favoriser une meilleure cohabitation entre les québécois quelque soit leurs origines et leurs appartenances religieuses. Cela ne veut pas dire la disparition de Dieu dans la vie des gens. Encore moins la disparition de la Croix de Mont-Royal ni de la fête de Noël. On ne deviendrait pas croyant à temps partiel, parce que selon la nouvelle charte, les signes religieux ne seraient plus portés par les représentants de l'État dans l'exercice de leurs fonctions.

Cette uniformalisation de la société québécoise dont Madame Kerlande Mibel semble avoir peur n'aura pas lieu. Dans les rues, les supers marchés, les parcs, les restaurants et dans les transports en commun, les gens continueront à porter les signes qu'ils désirent, excepté dans les institutions de l'État surtout lorsqu'ils sont en situation d'autorité. Les juges, les profs, les policiers et les pompiers. Par ailleurs, cette règle ne devrait pas concerner les élèves, les étudiants, les patients dans les hôpitaux ainsi que des personnes incarcérées, puisqu'ils ne représentent pas l'État.

Dans les institutions publics, un employé n'aurait pas à faire de choix difficile entre sa foie et sa profession. Le fait par exemple qu'une femme musulmane policière, gardienne de prison ou professeur enlève son voile pour pratiquer sa profession ne l'empêche pas de rester croyante. Ne fait pas d'elle une moins bonne musulmane. Dans une classe d'école, des élèves de différentes appartenances religieuses devraient percevoir leur professeur d'abord comme une professeure. Une musulmane riche de sa foie ne devrait aucunement avoir de problème avec une telle mésure.

N'importe quel parti politique au Québec n'attisera aucunement ma colère s'il adopte une charte sur la laïcité Made in Québec. Cela doit être fait cependant avec beaucoup de pédagogie et dans un esprit du bien commun ce qui, à cause de certaines luttes partisanes, n'est pas toujours le cas.

Mohamed Lotfi

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