Structures routières - Québec déroule les milliards
Mots clés : rapport Johnson, recommandations, Structures routières, Réseau routier, Construction, Québec (province)
Le gouvernement accepte la grande majorité des recommandations du rapport Johnson
Comme aux États: les ponts et viaducs du réseau routier québécois devraient subir d'ici 15 ans un véritable lifting qui leur permettra de soutenir une comparaison avec les «meilleurs États américains», souhaite le gouvernement Charest. Qui plus est, cela se fera sans péage, du moins dans l'immédiat.Pour y parvenir, le gouvernement propose une réforme en profondeur de toute la manière de gérer et d'entretenir le réseau routier québécois et ses structures.
Le vaste programme présenté hier matin prévoit donc un plan de redressement du réseau routier, la création d'une agence indépendante du ministère des Transports (MTQ) qui assurera l'entretien et la remise en état des structures, des modifications majeures des pratiques en matière de gestion des structures et l'établissement d'un réseau d'information qui permettra aux citoyens et aux ingénieurs de suivre à la trace l'état de santé des structures sur lesquelles ils circulent quotidiennement.
«Nous voulons faire du renouvellement des infrastructures routières du Québec une priorité nationale», a lancé Mme Boulet. Elle répondait ainsi à une des demandes faites la veille par Pierre Marc Johnson dans son rapport d'enquête sur l'effondrement du viaduc de la Concorde. Plus largement, la ministre estime que le gouvernement donne suite à toutes les recommandations de la commission d'enquête portant sur la gestion des structures.
Financement
Au cours des quatre prochaines années, le gouvernement investira 11,6 milliards dans ce chantier de rénovation. Cette somme fait partie de l'enveloppe de 30 milliards d'investissement dans les infrastructures de la province. Le plan quinquennal 2007-12 a été dévoilé la semaine dernière par le premier ministre Charest.
De ce montant, 3,5 milliards seront consacrés à la conservation des structures (29 %) et 2,9 milliards à celle des chaussées (25 %). Un peu plus de 1,7 milliard ira à l'amélioration fonctionnelle du réseau (sécurité générale, configuration à refaire, élargissement de voie), alors que quelque deux milliards seront réservés pour le développement de grands projets (nouvelles routes). Le reste (1,2 milliard) n'a pas encore été ventilé, mais il concerne notamment la préparation interne et l'encadrement des projets.
Concrètement, le gouvernement pensait investir l'an prochain 444 millions pour entretenir les structures de son réseau: l'enveloppe sera gonflée à 670 millions. Elle augmentera chaque année pour atteindre plus d'un milliard en 2011: c'est deux fois plus que ce que M. Johnson demandait avant-hier.
Beaucoup d'argent, donc. Mais, foi de Julie Boulet, ces dollars ne seront pas obtenus en imposant des péages. «C'est du financement traditionnel», a-t-elle assuré en parlant des 11,6 milliards. Elle a toutefois rappelé que sa collègue des Finances étudie actuellement cette question: la participation du privé et des utilisateurs au financement de ces chantiers n'est donc pas exclue à long terme.
Nouvelle agence
Le gouvernement a aussi accepté l'idée de sortir le MTQ -- fortement écorché dans le rapport Johnson -- de la gestion des structures du réseau. C'est l'agence qu'entend créer Québec qui s'occupera dorénavant de tout ce secteur, avec la mission précise «d'assurer la remise en état des structures et d'en assurer la pérennité».
Spécialisée, «elle veillera à l'inspection, à l'entretien et au remplacement, en plus de gérer la construction des structures», a indiqué la ministre Boulet. Le MTQ conservera pour sa part la responsabilité du réseau routier.
Indépendante du gouvernement, l'agence (dont les premiers employés proviendront du ministère) aura la responsabilité de quelque 9400 structures. Cela comprend les 5000 dont s'occupait déjà le ministère et 4400 qui étaient depuis 1993 sous la responsabilité des petites municipalités de moins de 100 000 habitants.
Le gouvernement a décidé de mettre fin à ce système, qui n'a jamais fonctionné et qui était décrié par tout le monde municipal (voir autre texte).
La création de l'agence de surveillance fait partie d'une refonte majeure des pratiques liées à la gestion des structures. «Nous voulons développer de nouvelles méthodes pour faire plus et mieux», a expliqué Julie Boulet. Ce qui veut notamment dire: intensifier le programme d'inspection des structures les plus déficientes, améliorer tout le processus de surveillance des chantiers, créer une sorte de dossier médical comprenant tout l'historique d'une structure et offrir aux patrouilleurs routiers une meilleure formation et l'accès en tout temps à un ingénieur.
Aussi, certaines pratiques techniques seront changées: plus question d'avoir du béton de qualité moyenne pour des ouvrages névralgiques. Et plus question non plus de simplement donner des contrats au plus bas soumissionnaire. On veut de la qualité partout.
Tout ceci dans le but de «redonner à la population confiance dans ses infrastructures et les institutions qui les gère», selon Mme Boulet. Une confiance passablement ébranlée, non seulement par l'effondrement du viaduc de la Concorde, mais aussi par la détérioration avancée de l'ensemble du réseau.
Vos réactions
@ Florence Pagé - par Gilles Bousquet
Le samedi 20 octobre 2007 15:00
Et tout le monde est content - par Florence Pagé
Le samedi 20 octobre 2007 10:00
Pas "dérouler"..."emprunter" les milliards - par Gilles Bousquet
Le samedi 20 octobre 2007 10:00
Sauve qui peut - par Pierre-Yves Pau
Le vendredi 19 octobre 2007 23:00

