Coupe du monde de rugby - L'Angleterre ressuscitée veut encore faire mentir les pronostics

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AP
Édition du samedi 20 et du dimanche 21 octobre 2007

Mots clés : compétition, Coupe du monde de rugby, Sport, Grande-Bretagne (pays)

Paris -- Après avoir frôlé le pire dans le tournoi, l'Angleterre est en passe de conserver son titre lors de la finale de la Coupe du monde de rugby aujourd'hui au Stade de France face à l'Afrique du Sud, qui figurait parmi les favoris de la première heure.

Sacrée sur son sol dans un grand élan de réconciliation nationale en 1995, l'Afrique du Sud rêve de se hisser à nouveau sur le trône mondial. De son côté, l'Angleterre, que nul n'osait imaginer à ce stade de la compétition, ne pense pas un seul instant ne pas conserver la couronne encore quatre ans.

Ce serait une première. En six éditions, aucune nation n'est parvenue à garder son titre. Quel que soit le vainqueur, il rejoindra l'Australie, seule équipe ayant remporté le trophée à deux reprises (1991 et 1999).

«C'est évident qu'il y a eu un renversement de situation. Ce qui est formidable avec cette équipe anglaise, c'est qu'elle n'accepte pas d'arriver en seconde position, explique l'arrière anglais Jason Robinson. On ne pense même pas à perdre. Il faut finir le travail. Jusqu'à présent, ça a été énorme et on ne veut pas que ça touche à sa fin avant le terme samedi [aujourd'hui].»

C'est la première fois dans l'histoire de la Coupe que se retrouvent en finale deux formations s'étant affrontées en phase de poules. En septembre, les Springboks avaient balayé (36-0) le Quinze de la Rose privé de son ouvreur magicien Jonny Wilkinson. Cette lourde défaite a réveillé l'énergie d'une Angleterre endormie sur ses lauriers après son titre planétaire acquis en 2003 aux dépens de l'Australie.

Depuis, la formation de Brian Ashton enchaîne les succès. Elle s'est sauvée d'une élimination précoce en battant les Samoa puis les Tonga avant de créer la surprise face aux Australiens et de piéger les Tricolores.

Contrairement à ses habitudes, Jake White, l'entraîneur sud-africain, a fait de ses adversaires les favoris du match. «Ils doivent être dans un sacré état d'esprit, analyse White. Il y a deux semaines, ils étaient morts et concassés. Ils sont revenus. Ils possèdent un groupe de joueurs qui a déjà gagné la Coupe du monde.»

Ashton a reconduit les vingt-deux tombeurs de la France en demi-finale (14-9) à une exception près: le remplacement de l'ailier Josh Lewsey, blessé, par Mark Cueto.

Dans ce groupe figurent huit survivants de la finale de 2003. Côté sud-africain, le pilier vétéran Os du Randt (35 ans) est le seul à avoir disputé une finale, en 1995.

Les Springboks n'ont jamais eu une meilleure chance de connaître une deuxième consécration. Profitant d'un tirage au sort qui leur a fait éviter la Nouvelle-Zélande, l'Australie et la France, ils sont restés invaincus en ayant surmonté l'obstacle fidjien en quart puis dominé l'Argentine en demi-finale.

Une victoire sud-africaine constituerait une récompense méritée pour Jake White. Ce dernier n'a pas eu la tâche facile face aux tentatives de déstabilisation qu'il a dû endurer pour n'avoir pas pris suffisamment de joueurs noirs dans son équipe.

Le Quinze d'Afrique du Sud pratique un style bien différent de son prédécesseur de 1995. Cette année-là, les Springboks avaient inscrit 129 points pour accéder en finale. Dans le tournoi 2007, ils totalisent déjà 263 points et ont établi un record national de 33 essais.

Entraîneur des Wallabies battus par l'Angleterre en 2003, l'Australien Eddie Jones conseille White et a reformaté le jeu des lignes arrières sud-africaines. Il prépare une possible revanche en s'appuyant notamment sur deux flèches noires aux ailes.

Doté d'une belle pointe de vitesse et d'une excellente lecture du jeu, l'ailier gauche Bryan Habana est le meilleur marqueur d'essais de l'épreuve et a déjà égalé le record d'essais de Jonah Lomu dans un tournoi (huit essais en 1999). À l'autre aile, JP Pietersen compte quatre essais à son actif.

Les Anglais partiront en challengers mais croient avoir les clefs pour faire encore mentir les pronostics.

«Je pense que l'Afrique du Sud a toujours basé son jeu sur la confrontation physique intense mais depuis deux ans, ils commencent à jouer au large. On n'a pas pu faire face lors du match de poule mais on a une autre opportunité», observe le flanker anglais Martin Corry.

Le pack anglais pourrait infliger quelques dégâts à son adversaire en mêlée fermée. Surtout, les Anglais essaieront de retarder le jeu adverse et notamment de bloquer l'excellente troisième ligne springbok.


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