Les parties visées atténuent le blâme

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La Presse canadienne
Édition du vendredi 19 octobre 2007

Mots clés : viaduc de la Concorde, rapport Johnson, Réseau routier, Transport, Québec (province)

Les groupes intéressés au rapport Johnson sur le viaduc de la Concorde, même s'ils sont partiellement montrés du doigt, atténuent ce blâme. D'autres préfèrent se concentrer sur des aspects positifs, comme l'entretien plus rigoureux à venir de nos infrastructures.

Par exemple, l'avocat de la société de génie-conseil Desjardins Sauriol, qui avait le mandat de surveillance complète des travaux de construction du viaduc de la Concorde, s'est dit «très satisfait du rapport», bien que l'entreprise soit sérieusement blâmée.

«On était conscients qu'il y avait un problème au niveau de la surveillance; je l'ai d'ailleurs reconnu lors de ma plaidoirie. C'était évident que l'armature avait été mal placée», a affirmé Me Patrick Henry. «Le passage du temps a fait en sorte qu'on n'était pas capables de déterminer avec précision quelle personne, en particulier, avait fait la surveillance», a soutenu Me Henry.

Le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Michel Gagnon, s'est porté à la défense de ses membres. «C'est un problème de construction, de conception, de surveillance des travaux, un problème de béton qui n'était pas en bon état, un devis qui était confus. Si la conception et la surveillance des travaux avaient été bonnes», le ministère et ses ingénieurs n'auraient pas hérité d'une structure mal construite, a-t-il dit.

L'un de ses membres est toutefois écorché dans le rapport. Tiona Sanogo, qui supervisait le remplacement du joint de dilatation du viaduc, en 1992, a dû faire excaver beaucoup plus profondément que prévu au départ, en raison du mauvais état du béton. Or il n'a pas étayé le viaduc par un mécanisme de soutènement depuis l'autoroute, ce qui, selon le rapport, a pu contribuer à aggraver son état.

«On parle de reproches dans le cas de M. Sanogo, alors que dans le cas de la firme de génie-conseil, on parle plutôt de blâme. Les commissaires sont prudents dans le cas de M. Sanogo: [ils écrivent] "il semble", "probablement qu'il y aurait eu un effet de". On est dans le mou. Ça n'a pas fait l'objet de consensus auprès de tous les experts de la commission», a objecté M. Gagnon, représentant syndical des ingénieurs du gouvernement.

À l'Ordre des ingénieurs du Québec, le président Zaki Ghavitian était moins enclin à absoudre d'emblée. «Dans toute société, il y a des éléments, en minorité, qui passent à travers les filets. Nous sommes 55 000 membres compétents, intègres», a-t-il d'abord commenté.

Il a cependant ajouté que «s'il y a eu des failles ou des blâmes qui ont été annotés par la commission, je pense que nos gens de syndic étaient tout le temps présents [lors des audiences de la commission] et ils vont faire leur travail».


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