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Une démocratie (sic) de polichinelles!
Pervez qui était bien tranquille, malgré son régime militaire à la démocratie plus que douteuse. Une tranquillité qu'il a perdue lorsqu'il est devenu plutôt critique pour ses manipulateurs. Sa précarité est soudain apparue suite à quelques critiques un peu revêches visant le discours des États-Unis qui parle d'inefficacité au Waziristan.
Mais Pervez, qui a un nom prédestiné, est maintenu au pouvoir. Les récentes élections le mettent confortablement vainqueur. Tout de même étrange, une si forte majorité, suite aux événements sanglants de la mosquée rouge. Tout de même étrange sur si forte majorité lorsque l'on observe les hordes de partisans que Benazir Bhutto fait déferler dans les rues. Ces partisans sont anti-Musharraf.
Jooneed Khan, avait rapporté l'opinion d'un Pakistanais de Montréal, M. Naushad Siddiqui, qui disait par un jeu de mot en ourdou: «Jab tak Bush, tab tak Mush», ce qui veut dire «Tant qu'il y aura Bush, Musharraf (mouche) sera là»! Cet observateur de la politique pakistanaise concluait que Bush était au bout de son rouleau et qu'il n'avait plus le temps de s'ajuster à un autre général, une autre dictature utile en terre pakistanaise. Il était convaincu que Bush garderait Musharraf, quitte à lui imposer Benazir Bhutto comme caution civile». L'actualité lui donne raison. Bien sûr, la visite de quelques jours, de Negroponte au Pakistan, en septembre dernier, était pour mettre au clair la direction que les ficelles allaient imposer au pervers général Musharraf.
Définitivement, les ficelles sont tirées au Pakistan. Il y a trop d'histoires louches. Du dénigrement de Mme Bhutto, son exil forcé, aux liens louches de L'ISI et la CIA dans la création d'Al-Qaeda, certains parlent même de liens suspects avec les attentats du 11 septembre 2001, à l'assassinat du journaliste Daniel Pearl, à la réélection de Musharraf et au retour orchestré par les États-Unis de Mme Bhutto.
Il faut noter le courage de cette femme, qui affronte des dangers considérables en se mettant aux premières loges politiques d'un pays de plus en plus musulman et où la femme vit au quotidien le joug de la suprématie religieuse mâle. C'est une leçon de courage démocratique. Les États-Unis vont soutenir Benazir tant qu'elle leur servira, comme la dame au parlement afghan fut soutenue tant qu'elle leur servait. Mme Bhutto, en retournant sur la ligne de front de la politique pakistanaise, risque gros. Souhaitons-lui bonne chance!
Serge Charbonneau
Québec
