Diane Lemieux part parce qu'elle n'avait plus la confiance de Pauline Marois
Mots clés : PQ, Pauline Marois, Diane Lemieux, Parti politique, Québec (province)

Photo: Agence Reuters
«La confiance, la complicité, les marges de manoeuvre pour exercer pleinement mon rôle n'étant plus au rendez-vous, la fenêtre s'est refermée comme si le sentiment de mon utilité en politique s'était envolé», a dit Mme Lemieux, faisant allusion à ses relations difficiles avec la nouvelle chef du Parti québécois, Pauline Marois.
Surnommée la «Lionne de Bourget» pour son tempérament bouillant, Mme Lemieux n'a jamais accepté la décision de la chef péquiste de la démettre de ses fonctions de leader parlementaire au profit du député d'Abitibi-Ouest, François Gendron.
La décision de Mme Marois a mené la députée à conclure qu'elle n'avait plus sa place sous le nouveau leadership du Parti québécois.
«Il faut savoir décoder le moment où les conditions pour assumer ces responsabilités ne sont plus au rendez-vous. C'est une question de sincérité, d'authenticité, envers les citoyens que l'on représente, envers le parti que l'on représente et envers l'institution que l'on dessert», a-t-elle expliqué.
L'absence d'atomes crochus n'a pas empêché Mme Lemieux de prononcer quelques bons mots pour la chef du deuxième groupe d'opposition, soulignant «sa force de travail» et «la profondeur de son engagement à l'amélioration de la vie des Québécois».
«Mme la députée de Charlevoix, chef du Parti québécois, je vous souhaite de réaliser vos rêves», a-t-elle dit.
Prenant la parole à son tour, Pauline Marois a énuméré une longue liste d'épithètes flatteuses pour souligner le travail de celle qu'elle a écartée dès l'été dernier.
De l'avis de la chef du PQ, la députée de Bourget est «une femme d'idées», toute en «finesse» et en «doigté», une parlementaire «estimée, dévouée, intelligente, courageuse, élégante, déterminée, battante et passionnée».
«Diane, c'est avec regret, très sincèrement, que je te vois quitter comme députée de Bourget», a soutenu Mme Marois.
Quant à lui, le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, a fait remarquer que Mme Lemieux avait eu un parcours politique parfois un peu «rock'n'roll» mais qu'elle semblait manifestement «dans son élément» dans le rôle de leader parlementaire.
Pour sa part, le premier ministre Jean Charest a dit de Mme Lemieux qu'elle avait été «une parlementaire redoutable» qui a su gagner la confiance de ses chefs.
Ancienne présidente du Conseil du statut de la femme, Diane Lemieux a fait le saut en politique en 1998 à la demande du premier ministre d'alors, Lucien Bouchard.
Jusqu'en 2003, année où le Parti québécois a été relégué à l'opposition officielle, la députée démissionnaire a assumé nombre de responsabilités ministérielles. Tour à tour, elle a été ministre du Travail, ministre responsable de l'Emploi, ministre de la Culture et des Communications, ministre responsable de la Charte de la langue française et ministre responsable de l'Autoroute de l'information.
De nature spontanée, Mme Lemieux s'est toujours exprimée ouvertement et sans détour, même au risque de se retrouver au centre de la controverse.
Par exemple, en 2001, quelques minutes après avoir prêté serment à titre de ministre de la Culture, elle avait soulevé une indignation pancanadienne en affirmant, candidement, «qu'il n'y a pas de culture ontarienne».

