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Et si on se respectait nous-mêmes en notre dit sacré ?

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Denis Beaulé
Envoyé Le mercredi 17 octobre 2007 13:00



« Elle a demandé aux immigrants de respecter les valeurs communes comme la langue française »
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« Notre langue commune est le français, et nous avons le droit et le devoir de la faire respecter », réaffirmerait d'emblée notre Pauline nationale, considérée la personnalité politique la plus influente au Québec. Et s'il fallait plutôt dire/lire :
« Notre langue commune est le français, et nous avons le droit et le devoir de la respecter » ?... Les «valeurs», c'est «ben d'valeur», mais la toute première d'entre elles, la langue, censément, ne semble pas avoir bien bien de valeur pour les «Québécois», puisqu'elle se voit bafouée, méprisée ou massacrée par eux infiniment plus que par les «immigrants». Cette «valeur» suit-elle la même courbe, le même itinéraire, le même cheminement, et serait-elle donc vouée à subir le même sort que l'autre grande valeur, «suprême», qui lui était intimement rattachée, chez le Québécois canadien français, la religion? On se lamente à propos de Noël et Pâques, qui, dit-on, seraient/étaient des Fêtes [chrétiennes] (?) bien «de chez nous», auxquelles «les autres» auraient fait perdre ou seraient en train de faire perdre leur sens. Quel «sens»? Aurait-on eu besoin des «autres» pour que Noël passât d'un esprit chrétien à un esprit païen ou pour que Pâques devînt la fête du chocolat ?

« Toujours ce kirpan. Ce malheureux kirpan qui a mis le feu. La maison est en train d'y passer ! », s'exclame, quant à lui, Gérard Bouchard. Eh oui ! Résurgence ou hantise de castration ou réminiscence de la confession ? «Kirpan» résonne en effet ainsi: «qui r'pend» ou «qui [se] repent (r'pent)». Et il est vrai que ç'a commencé avec le kirpan. Qui aurait comme tranché au couteau l'avant, l'après et le pendant :
http://www.ledevoir.com/2006/03/06/103640.html?242
http://www.ledevoir.com/2006/03/06/103640.html?sendurl=t

« Le défi, c'est de voir la musulmane avec son voile, le juif avec sa barbe, le sikh avec son turban, parler tous français et contribuer au développement du Québec », dit enfin Sakina Elazizi. Voilà. C'est cela. Tout y est. Comme disait «l'autre», hier soir, un «Québécois», appréhendant vachement plus le racisme que le voile. À raison. Le voile ne fait de mal à personne (au Québec). Non plus que la kippa, la barbe, le turban ou le crucifix. Et comme «on» «hésite» à se détacher du crucifix, le mieux ne serait-il pas de laisser d'autres «(in)signes» inoffensifs apparaître en l'aire publique, en autant qu'ils n'évoquent pas ou n'appellent pas le ridicule ou la violence, sachant que la non-violence, ah, ça, oui, c'en est une, peut-être la seule, vraie valeur «québécoise» ?

Bref, il faudrait d'abord mettre ordre et clarté en «nos» «valeurs». Redéterminer, s'il le faut, ce que sont les trois «F»/Q. C'est-à-dire, ce que sont les fondements et fondations de la québécité, et ce qui fait ou serait censé faire la fierté du Québec et du Q/québécois. Après, on pourra (recommencer à) chialer. Si «nos» problèmes existentiels ne se voient pas résolus par ce passage de l'embrouillamini exemplaire à la clarté, et d'une mollesse non moins exemplaire à un nécessaire quatrième «f» : la fermeté.

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