Environnement - Harper sème la confusion, selon l'ancienne commissaire à l'environnement

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Louis-Gilles Francoeur
Édition du mercredi 17 octobre 2007

Mots clés : Kyoto, Partenariat Asie- Pacifique, Johanne Gélinas, Climat, Gouvernement, Canada (Pays)

Le Canada a-t-il renié Kyoto en adhérant au Partenariat Asie- Pacifique demande Johanne Gélinas

L’adhésion du Canada au Partenariat Asie-Pacifique (PAP), annoncée au début de septembre par Stephen Harper à la session spéciale des Nations unies consacrée au réchauffement du climat, «aura pour principale conséquence d’augmenter la confusion quant aux intentions réelles du gouvernement en matière de lutte contre les changements climatiques».

C’est ce qu’a déclaré hier au Devoir l’ancienne commissaire à l’environnement du Canada, Johanne Gélinas, aujourd’hui consultante dans le cabinet Deloite à Montréal. Mme Gélinas a signé un rapport complet qui démontrait les faiblesses de la politique canadienne en matière de lutte contre les changements climatiques.

L’adhésion du Canada à cette entente économique et technique créé beaucoup de confusion, y compris parmi les grandes entreprises canadiennes, parce que le gouvernement Harper l’interprète comme une solution de rechange au protocole de Kyoto, alors qu’il s’agit en réalité d’une «entente complémentaire de nature technique et commerciale», selon l’ancienne commissaire.

Les États-Unis, qui ont lancé ce partenariat en vue de favoriser les échanges de technologies écologiques, présentent cette entente, intervenue avec la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et l’Australie, comme une autre manière de lutter contre les changements climatiques, soit par une amélioration des techniques de production d’électricité et de captage du carbone ou des systèmes pour réduire la consommation d’énergie.

Mais, pour les quatre partenaires asiatiques, il s’agit d’une entente commerciale qui les aidera à mieux participer à l’atteinte des objectifs de Kyoto, qu’ils ont tous ratifié et qu’aucun ne renie.

Pour eux, le PAP n’est pas une solution de rechange à Kyoto mais un moyen supplémentaire d’y participer. Mais les trois pays anglo-saxons — États-Unis, Australie et Canada — qui tirent au flanc du protocole de Kyoto depuis des années, à l’instar du président George Bush, présentent ce traité comme une voie de rechange démontrant leur volonté de participer à la bataille pour le climat, tout en boudant le protocole ratifié par 171 autres pays.

«Si, pour le Canada, le PAP est une solution de rechange, explique l’ancienne commissaire fédérale à l’environnement, le gouvernement devrait dire ce que cette entente remplace. Si cela remplace Kyoto, qu’il le dise. Tout comme il doit dire clairement comment sa participation à cette entente s’intègre dans son Plan vert et dans quelle mesure cela contribue à l’atteinte de ses objectifs.» Si cette entente ne remplace pas Kyoto mais multiplie les moyens technologiques et économiques permettant de mieux atteindre ses objectifs, poursuit Johanne Gélinas, le gouvernement doit aussi le préciser dans l’intérêt des entreprises, qui cherchent toutes à savoir comment elles doivent s’intégrer à ce plan national.

La semaine dernière, une enquête réalisée par le Carbon Disclosure Project au Canada indiquait que la plupart des grandes entreprises attribuent au «manque chronique de clarté réglementaire» leur peu d’intérêt pour la mise au point de moyens de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.


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Pourquoi ancienne commissaire S.V.P. - par Michelle Bergeron
Le jeudi 18 octobre 2007 01:00

L'imposture conservatrice - par Richard Larouche
Le mercredi 17 octobre 2007 21:00

Grossiere erreur - par Christian Gagnon
Le mercredi 17 octobre 2007 19:00

Entièrement d'accord avec Mme Gélinas - par Christian Tallon (christiantallon@hotmail.com)
Le mercredi 17 octobre 2007 13:00

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