Les libéraux réfléchissent...
Mots clés : NPD, Libéraux, discours du Trône, Parti politique, Gouvernement, Canada (Pays)
Ottawa -- Pas de surprise hier soir dans les réactions au discours du Trône: le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois le rejettent d'emblée, alors que les libéraux attendront la fin d'une réunion du caucus aujourd'hui pour décider s'ils l'appuient ou non -- ce qui scellera le sort immédiat du gouvernement Harper.
Lors d'un rapide point de presse où il n'a accepté aucune question, M. Dion a mentionné ne pas avoir été «surpris» des propositions du gouvernement. «Les inquiétudes que nous anticipions sont dans le discours», a-t-il dit, en évoquant «la même ambiguïté sur l'Afghanistan, un plan très faible au sujet de l'économie, une indifférence choquante au sujet de la pauvreté et la grande faiblesse dans l'approche en environnement».
Mais malgré ces irritants, Stéphane Dion s'est dit conscient que «la priorité des Canadiens est que ce Parlement fonctionne et qu'il n'y ait pas une troisième élection en trois ans et demi».
Pour sa part, Gilles Duceppe n'a même pas laissé le temps à la gouverneure générale de terminer la lecture du discours pour y opposer un refus net. Michaëlle Jean n'avait en effet prononcé que le tiers du discours lorsque le chef bloquiste est venu rencontrer la presse au foyer de la Chambre des communes pour confirmer que les troupes bloquistes voteront contre le discours.
Selon M. Duceppe, rien de ce que le Bloc demandait ne se retrouve dans le discours -- à part le dossier de la gestion de l'offre en agriculture. «Sur l'Afghanistan, on nous parle de 2011 [quand le Bloc veut un retrait en 2009] et on nous dit qu'on augmentera les dépenses militaires.»
En ce qui concerne le pouvoir de dépenser, le chef du Bloc estime qu'on «revient à l'union sociale [proposée par le gouvernement Chrétien], qui a déjà été rejetée par les gouvernements péquiste et libéral. Le Québec a toujours demandé un droit de retrait avec pleine compensation et sans conditions, [alors que le plan conservateur obligerait] le Québec à avoir des programmes comparables à ce qu'ils mettront en oeuvre».
M. Duceppe a aussi dénoncé le manque de contenu du discours sur la question forestière et la confirmation de l'abandon des objectifs de Kyoto. «On prend [à la place] le plan Bush avec le groupe d'Asie, en ne mettant pas de cible absolue de réduction des émissions de gaz à effet de serre», a-t-il dit.
Pour la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, il devrait au moins être possible «d'essayer d'atteindre les objectifs de Kyoto», même si les cibles paraissent éloignées. «C'est possible de réduire les émissions et de se rapprocher de ces objectifs», a-t-elle indiqué.
Layton
Ayant lui aussi annoncé ses couleurs avant même la lecture du discours, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, est venu confirmer en soirée qu'il n'y avait rien là-dedans pour plaire aux néo-démocrates. «Il n'y a aucun changement concernant la mission en Afghanistan, la crise des changements climatiques et le fossé de la richesse. Ce sont des questions de principe pour nous et nous allons nous opposer au discours du Trône.»
Un seul point positif pour M. Layton: les excuses que fera M. Harper aux autochtones victimes d'agressions dans les pensionnats indiens.
Vos réactions
Les libéraux réfléchissent ??? Le choix est déjà fait ! - par Dany Pelchat
Le mercredi 17 octobre 2007 06:00
Réflexion tardive - par Gilles Bousquet
Le mercredi 17 octobre 2007 04:00

