Gestionnaires - De bons réflexes, mais des besoins de formation

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Martine Letarte
Édition du mercredi 17 octobre 2007

Mots clés : PME, formation, Entreprise, Québec (province)

« Le dirigeant doit apprendre à s'entourer des bonnes personnes et leur laisser prendre des décisions »

L'École des hautes études commerciales: un lieu de haut savoir pour les futurs entrepreneurs.

Photo: Jacques Nadeau

L'économie du Québec est principalement constituée de PME. Mais qui sont ces entrepreneurs? Où sont leurs forces, leurs faiblesses? Ont-ils suffisamment de formation? Et qu'en est-il de leurs employés? Le directeur de l'Observatoire de gestion stratégique des ressources humaines de l'École des sciences de la gestion (ESG) de l'UQAM, Daniel Beaupré, nous livre ses impressions.

«À mon avis, les dirigeants de PME québécoises sont généralement des gens très créatifs, pragmatiques, terre à terre et des gens qui ont de très bons réflexes en gestion», lance d'emblée Daniel Beaupré.

De plus, contrairement à ce que Lucien Bouchard peut bien en penser, les entrepreneurs québécois travaillent fort! «L'endurance physique des dirigeants d'entreprise, particulièrement lorsqu'il est question de dirigeants-propriétaires, est sous-estimée. Ces entrepreneurs travaillent un grand nombre d'heures par semaine pour s'occuper de leur entreprise qu'ils considèrent presque comme leur bébé. Et lorsqu'ils ne travaillent pas, ils ont tendance à culpabiliser. Ces gens prennent en moyenne deux ou trois semaines non consécutives de vacances par année et encore, leur cellulaire n'est jamais trop loin», poursuit-il.

De plus, si Daniel Beaupré croit que les Québécois ne sont pas nécessairement meilleurs ou pires que les entrepreneurs d'ailleurs en matière d'exportation, ils sont certainement bien outillés. «L'exportation, ce n'est jamais simple et on ne peut pas naître avec des dons pour ça. Toutefois, les entrepreneurs québécois ont facilement accès à toutes sortes de services gouvernementaux qui les aident à comprendre les dédales administratifs qui se rattachent à l'exportation», affirme-t-il.

Difficulté de partager le pouvoir

Souvent, ce n'est pas la soif d'argent qui pousse les Québécois à se lancer en affaires. C'est plutôt, selon M. Beaupré, la soif de créer et la soif d'indépendance. «Souvent, les entrepreneurs sont des gens qui ont eu de la difficulté avec l'autorité lorsqu'ils travaillaient pour une autre personne ou ils ont vécu une déception dans une entreprise. Ils auraient voulu faire les choses autrement, alors ils démarrent leur propre entreprise», explique Daniel Beaupré.

Si cet élan entrepreneur est certainement une bonne chose, il peut toutefois ne pas être compatible avec le besoin de partager le pouvoir. «Un entrepreneur ne peut pas bien maîtriser tous les aspects de son entreprise, du domaine technique aux finances en passant par le marketing. C'est pour cette raison que, lorsque l'entreprise gagne en importance, le dirigeant doit apprendre à s'entourer des bonnes personnes et évidemment, à leur laisser prendre des décisions. Ce n'est pas toujours évident pour un dirigeant et cela peut occasionner des problèmes majeurs pour l'entreprise», croit celui qui rencontre plusieurs entrepreneurs dans le cadre de son travail à l'Observatoire.

Apprendre à déléguer, à travailler en équipe et à s'entourer de personnes clés sont pourtant des compétences qu'on peut développer lors de sessions de formation.

Changer les mentalités

Les dirigeants de PME investissent encore trop peu en matière de formation, selon les experts interviewés. «Nous ne retrouvons pas la culture de la formation chez plusieurs entrepreneurs. On dirait que, dans les PME, on hésite à investir là-dedans parce qu'on a peur de devoir augmenter les salaires, ou encore, de voir les concurrents venir chercher les employés. De plus, trop souvent, les dirigeants d'entreprise ne croient pas que le fait de suivre une formation leur permettra de trouver des solutions concrètes à leurs problèmes», croit M. Beaupré.

Hélène Ouellet, la directrice du Centre de perfectionnement de l'ESG-UQAM, est bien consciente de ce problème et y travaille. «Nous développons toutes sortes de façons concrètes de faire comprendre aux dirigeants d'entreprise qu'une formation appropriée se traduit en résultats concrets. Nous développons des outils de mesure de compétence et nous évaluons la productivité de l'entreprise avant et après la formation», indique-t-elle.

D'après ses observations, Daniel Beaupré en vient à la conclusion que, généralement, c'est une formation sur mesure qui est la plus appropriée pour les dirigeants d'entreprise et leurs employés, plutôt qu'un programme universitaire régulier. «On ne se le cachera pas, bien rares sont les dirigeants d'entreprise qui ont le temps de compléter un MBA. Faire seulement un certificat à temps partiel prend des années, alors c'est décourageant. Avec une formation sur mesure, l'entrepreneur peut cibler ses besoins spécifiques et développer une relation de confiance avec le formateur», croit M. Beaupré.

La tendance est aux ressources humaines

Les domaines de formation sont multiples pour les dirigeants de PME et leurs employés. Perfectionnement technologique, gestion de l'inventaire, travail d'équipe, gestion de projet: tout y passe. Toutefois, si le Centre de perfectionnement de l'ESG-UQAM offre différentes sessions de formation publiques et sur mesure dans le domaine de la gestion, une grande tendance se fait sentir actuellement. Sans hésiter, Hélène Ouellet affirme que les grands besoins se trouvent dans le domaine de la gestion des ressources humaines.

«Depuis des années, on est axé sur la performance. On a étiré beaucoup l'élastique et là, tranquillement, on s'en rend compte. On sent un essoufflement du personnel et on doit faire des efforts pour le retenir. Mais c'est certain qu'il faut y aller à pas de tortue avec les dirigeants d'entreprise dans ce domaine-là. On ne peut pas arriver d'un coup et dire à un propriétaire de PME que ses employés se surinvestissent. Il faut prendre le temps de regarder ensemble la situation», nuance Mme Ouellet.

Enfin, il est également important que les dirigeants de PME soient en mesure d'assumer un bon leadership et de mobiliser l'intelligence collective. «Les entrepreneurs doivent aller chercher les personnes clés dans leur entreprise pour les mettre à l'avant-plan et repositionner leur entreprise en prenant compte de l'apport de cet élément nouveau, poursuit-elle. Ainsi, tout le monde se retrouve gagnant.»

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Collaboratrice du Devoir


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Réflexes de bon gestionnaire - par iba Sarr SARR
Le lundi 29 octobre 2007 06:00

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