Technologies de l'information - Faire affaire « en ligne » est devenu une réalité

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Pierre Vallée
Édition du mercredi 17 octobre 2007

Mots clés : CEFRIO, PME, Technologies de l'information, Internet, Économie, Québec (province)

Une entreprise sur deux a son site Internet

Un sondage démontre que 39 % des PME affirment faire des achats en ligne auprès de leurs fournisseurs.

Photo: Agence Reuters

Les PME québécoises sont-elles branchées? Et quel usage font-elles d'Internet et des autres diverses technologies de l'information (TI) qui leur sont maintenant accessibles? Sont-elles dans le coup? À quelques bémols près, la réponse est oui.

«Les PME québécoises ont embarqué et elles utilisent maintenant largement le réseau Internet et les TI», affirme Éric Lacroix, directeur des enquêtes au CEFRIO (Centre francophone pour l'informatisation des organisations). Le CEFRIO a mis en place un service de veille, NetPME, qui sonde régulièrement les PME au sujet de leur utilisation des TI. Les derniers chiffres disponibles sont ceux de 2006.

«Notre enquête a révélé que 83 % des PME québécoises sont maintenant branchées sur Internet et de ce nombre, 72 % ont un accès haute vitesse, explique Éric Lacroix. C'est un taux de pénétration nettement supérieur aux ménages québécois, mais il demeure légèrement inférieur au taux de branchement des PME canadiennes.»

De plus, l'enquête dévoile qu'un peu plus de la moitié des PME (53 %) ont leur propre site Internet. Les deux premières fonctions de ces sites sont de donner de l'information générale sur l'entreprise et de l'information sur les produits et services offerts, ce que font 95 % d'entre elles. Quant aux autres fonctionnalités, elles sont beaucoup moins utilisées.

L'usage d'Internet

Le premier usage que font les PME du réseau Internet est la recherche d'informations en tout genre. «Cette utilisation se rapproche un peu de l'utilisation qu'en font les personnes à leur domicile.» Internet est particulièrement prisé par les PME lorsqu'elles veulent se renseigner auprès des gouvernements, puisque 92 % d'entre elles l'utilisent pour effectuer leurs recherches et 65 %, pour demander et recevoir de l'information.

Quant aux autres services en ligne gouvernementaux, ils sont beaucoup moins populaires. En effet, une majorité de PME (47 %) préfère encore la poste à Internet lorsque vient le temps de transmettre un document, et 72 % optent pour le téléphone lorsqu'il s'agit de communiquer avec une autorité. Seulement 37 % des PME acceptent d'effectuer un paiement sur un site sécurisé du gouvernement. «Ceci s'explique par une perception de complexité de certaines de ces fonctions. Il faut dire que les informaticiens du gouvernement ont une gestion du risque plutôt frileuse et ils ont tendance à compliquer les choses, ce qui souvent ralentit les démarches.»

L'usage du courriel est aussi monnaie courante. Quatre gestionnaires sur dix sont abonnés à des bulletins électroniques, généralement liés à leur secteur d'activité économique. Le quart des PME québécoises ont mis en place un service intranet et 18 %, un service extranet, ce qui facilite à la fois les communications internes et celles avec les fournisseurs. La sécurité est aussi un enjeu puisque 98 % des PME ont installé un antivirus et 81 %, un pare-feu.

Les affaires en ligne

Les affaires en ligne sont maintenant une réalité pour la plupart des PME québécoises branchées; par contre, pour en saisir le portrait, il faut distinguer entre les activités d'affaires en ligne et les véritables transactions en ligne.

Ainsi le sondage démontre que 39 % des PME affirment faire des achats en ligne auprès de leurs fournisseurs. «Mais ces achats en ligne ne sont pas obligatoirement des transactions en ligne. La confirmation d'un achat par courriel, par exemple, entre dans cette catégorie, même si le paiement s'effectue de façon traditionnelle.» Les principales activités d'affaires dans Internet sont l'échange de documents avec les fournisseurs et les clients

(77 %), la recherche sur les concurrents (64 %) et la recherche d'occasions d'affaires (43 %).

Les transactions en ligne de loin les plus répandues sont celles qui ont lieu entre les PME et leurs institutions financières. «Près de 70 % des PME québécoises ont adopté cette manière de faire, contre seulement 40 % des adultes québécois.» Il y a bien sûr certaines transactions qui se font entre entreprises (B to B), mais elles ne se font pas par l'intermédiaire de sites Internet. «Ces transactions se font par intranet entre deux entreprises qui sont reliées par un système XML. En général, cela ne touche que les intrants directs de production, comme par exemple, les planches de bois pour une entreprise de meubles.»

Quant aux transactions entre les entreprises et les consommateurs (B to C), elles sont peu développées. Seulement 32 % des PME qui ont un site Internet ont mis en ligne un catalogue électronique, 28 % d'entre elles offrent la possibilité de commander et un maigre 13 %, la possibilité de payer en ligne. Selon Éric Lacroix, il n'y a pas lieu de s'inquiéter outre mesure. «Au fond, les entreprises se fient encore au réseau traditionnel de distribution avec ses points de vente. Il faut dire que c'est un système qui fonctionne bien et qui est moins coûteux que d'assumer soi-même tous les frais reliés à la distribution.»

Autres technologies

Le sondage du CEFRIO ne se limitait pas seulement à l'usage d'Internet, mais aussi à celui des autres technologies de l'information, tels les logiciels de gestion. Ici aussi, les PME québécoises ont pris le virage puisque 86 % d'entre elles utilisent un logiciel de gestion financière. «C'est toujours le premier logiciel qui entre dans l'entreprise. On commence d'abord par informatiser la paie et la comptabilité, et ensuite on passe à autre chose.»

La pénétration des autres logiciels est plus timide. Par exemple, c'est 51 % des PME qui déclarent utiliser un logiciel de gestion de l'inventaire et 48 %, un logiciel de gestion de la production. «Il est à souhaiter que la pénétration de ces deux derniers logiciels se poursuive puisqu'ils sont directement reliés à la productivité de l'entreprise.» Le parent pauvre pour le moment est la formation en ligne, considérée comme intéressante par seulement 30 % des PME. «Les PME en ont une perception négative. Il faut avouer que ces formations mériteraient d'être repensées et mieux intégrées à la tâche.»

En conclusion, malgré quelques faiblesses dans certains secteurs, Éric Lacroix pense que les PME québécoises «sont maintenant sur la glace et dans la joute. Il y a plein de signes intéressants et les indicateurs sont positifs. La prochaine étape, en plus de poursuivre l'introduction des TI dans les PME, c'est maintenant d'en faire un usage optimal afin d'en tirer le maximum en gains de productivité».

***

Collaborateur du Devoir


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