La belle époque du «qui s'instruit s'enrichit» est révolue. Ayant consacré 35 ans de ma vie à l'enseignement, à l'éducation de la jeunesse et à la directions d'écoles secondaires, je porte une fierté inappréciable d'avoir pu donner le meilleur de moi-même, dans le meilleur des contextes, à compter de 1961. Nous travaillions au sein de Commissions scolaires dirigées par des compétences incontestables et nous avions des Ministres de l'Éducation, héritiers d'une exceptionnelle culture, porteurs du flambeaux des valeurs qui étaient de nature à propulser le peuple québécois vers les plus hauts sommets. Au cours de la dernière décennie du siècle dernier et de façon plus marquante, au cours de ce qui deviendra bientôt la première décennie du 3e millénaire, les «missionnaires en fonction» ont été évacués de façon programmée et on leur a substitué les «fonctionnaires en mission». De plus le Ministère de l'Éducation est devenu un passage pour des élus en transit ou transat et/ou ayant échoué dans d'autres officines de l'incompétence hautement rémunérée, jouissant de tous les barrages de l'immunité et de l'impunité. Les enseignants-éducateurs sont actuellement pilotés par des robots à distance qui n'arriveraient même pas à accoster une chaloupe. Les parents sont gardés à distance par les spécialistes de l'hermétisme langagier du domaine qui n'a pour but que de justifier changements et réformes, bouleversements et transmutations qui suivent les dictats des idéologies à la mode du jour, mais dont personne n'est imputable. Sous la férule de l'intégrisme péquiste, le cours d'Histoire du Canada (HT 416) a bousculé les matières de base, en devenant le jacuzzi des influx séparatistes et la plage des étenderies indépendantistes et des rêvasseries souverainistes. Dès 2003, sous la badine du fondamentalisme doctrinaire du thuriféraire Reid, relevé par le commissionnaire Fournier et en moins de 6 mois depuis le «départ» de ce dernier, l'actuelle titulaire Courchêsne va dans le sens contraire de son prédécesseur et dit craindre la Réforme, cette même réforme dont on tente de gaver les professionnels de l'enseignement, depuis nombre d'années. Réforme qui n'a fait l'objet d'aucun consensus. Réforme qui a fait s'amplifier le décrochage scolaire. Réforme qui a fait s'éclater tous les taux d'échecs. Réforme qui a alimenté tant de «burn out» et de décrochage professionnel. Cette Réforme obstinément stérile et stupide que subit tout le monde. Réforme naufrageuse que honnissent les enseignants et qu'abominent les gestionnaires des écoles, ces bétonnières du virage en rond, de la stagnation et de reculs historiques irrécupérables. L'instruction, la formation et l'éducations de la relève nationale est à la merci de pantins galvanisés d'incompétences transversales parmi les plus crasses. Avant qu'une probable et catastrophique faillite ne justifie toutes les tutelles ou ne commande un retour aux écoles de rangs, il y a maintenant motivation, justification et place à la RÉVOLUTION, qu'elle soit tranquille, moins tranquille et pas tranquille du tout. Il faut que les enseignants arrachent les guides des mains des amateurs aventuriers sans connaissance ni conscience, avant que ne s'écrase leur cheval de bataille. Ce CHEVAL DE BATAILLE que les ménestrels remplaceront par des tracteurs mécaniques et que les jongleurs étages supérieurs des tours de Québec et de Montréal couvriront de tous les artifices.