Il est temps de créer un État palestinien, déclare Rice
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Photo: Agence Reuters
La création de cet État, a-t-elle souligné, est «absolument essentielle, non seulement pour l'avenir des Palestiniens et des Israéliens, mais également pour le Proche-Orient et les intérêts des États-Unis».
Mme Rice a ajouté qu'Israéliens et Palestiniens n'allaient «pas tenter de tout régler dans le document de novembre, mais ce document doit être sérieux, substantiel, concret et montrant qu'on peut aller de l'avant».
«Nous avons parcouru un bon bout de chemin. Il nous reste beaucoup à faire, mais nous n'allons pas fatiguer, jusqu'à mon dernier souffle d'énergie et mes derniers moments à mon poste», a-t-elle assuré lors de la conférence de presse avec M. Abbas.
Le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, et le président palestinien, Mahmoud Abbas, s'efforcent depuis cet été de mettre au point un document conjoint qui doit servir de base à cette réunion. Ce texte doit évoquer les principales pommes de discorde entre les deux parties -- frontières du futur État palestinien, statut de Jérusalem et sort des réfugiés de 1948 --, mais Olmert souhaite qu'il soit rédigé en termes généraux, tandis qu'Abbas réclame un calendrier précis de règlement.
Au deuxième jour de sa nouvelle tournée au Proche-Orient, Mme Rice a fait porter la pression sur Israël en plaidant pour un document «sérieux» qui lui permette de convoquer la conférence, alors qu'Olmert juge que sa tenue ne devrait pas dépendre d'un accord avec Abbas.
«Nous n'avons pas adressé d'invitations, parce que nous voulons que le travail sur le plan bilatéral se poursuive avec beaucoup d'énergie», a-t-elle déclaré.
«Ce qui est maintenant en discussion, c'est un document commun qui s'attaquera sérieusement aux questions de fond. Nous avons parcouru beaucoup de chemin, et il nous en reste encore beaucoup à parcourir», a martelé la responsable du département d'État.
«Franchement, nous avons mieux à faire que d'inviter les gens à Annapolis si c'était simplement pour la photo», a-t-elle ajouté.
Selon elle, le président George W. Bush, à l'initiative duquel se tiendra la réunion, a fait de la création d'un État palestinien indépendant «l'une des plus importantes priorités de son administration durant ce qui reste de son mandat».
M. Abbas a pour sa part affirmé avoir demandé à Mme Rice d'aider les Palestiniens «à obtenir la fin de toutes les activités de colonisation [israélienne], l'arrêt de la construction du mur [la barrière de séparation érigée par Israël en Cisjordanie] et la confiscation des terres».
Il s'est inscrit en faux contre les déclarations du premier ministre israélien, Éhoud Olmert, qui s'est dit dimanche opposé à un calendrier régissant les négociations qui devraient s'engager dans la foulée de la réunion internationale.
«Concernant les négociations, elles ne seront pas ouvertes indéfiniment. Il faut fixer une échéance afin qu'on puisse aboutir à des résultats», a dit M. Abbas.
Il a énuméré les points précis qu'il souhaitait voir mentionnés dans le document conjoint: les frontières, le statut de Jérusalem, les réfugiés, la colonisation et l'eau.
Dans des déclarations à un groupe de journalistes après son retour à Jérusalem, Mme Rice a toutefois estimé que ce document n'avait pas besoin d'être détaillé ni de comprendre un calendrier.
«Un document n'a pas besoin d'être détaillé pour être sérieux, il n'a pas besoin d'être détaillé pour être substantiel. Je pense que tout le monde comprend que, s'il aborde la création d'un État palestinien, il aborde les questions clés», a expliqué Mme Rice.
Les équipes de négociateurs israéliens et palestiniens se sont rencontrées une nouvelle fois hier pour poursuivre la rédaction du document commun, sur lequel Rice a dit n'attendre aucune percée durant ses quatre jours de visite. Mais la secrétaire d'État, qui compte revenir dans la région d'ici quelques semaines, a prévenu qu'elle était résolue à consacrer à ce processus le maximum de son temps.
La rencontre à Jérusalem a duré deux heures. Elle doit être suivie de deux autres réunions cette semaine, selon la délégation palestinienne. La délégation palestinienne à ces négociations est dirigée par l'ancien premier ministre Ahmed Qoreï et la délégation israélienne par la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni.
M. Olmert, qui s'est entretenu dimanche avec Mme Rice, s'est efforcé de tempérer les espoirs suscités par la réunion internationale, affirmant que l'élaboration d'une déclaration commune n'était pas une condition préalable à sa tenue.
Mme Rice, arrivée dimanche en Israël pour sa septième mission au Proche-Orient depuis le début de l'année, doit se rendre aujourd'hui en Égypte pour une brève visite avant de retourner à Jérusalem. Elle achèvera sa mission jeudi.
Son homologue égyptien Ahmed Aboul Gheit a suggéré de reporter la conférence estimant que l'absence d'un accord sur un document substantiel réduirait les chances de paix.
Dans un discours prononcé hier à la Knesset, Olmert a laissé entendre qu'Israël envisagerait de céder des quartiers palestiniens périphériques de Jérusalem dans un futur accord.
Ancien maire de Jérusalem, Olmert a mis en cause la décision d'intégrer ces quartiers dans les limites municipales élargies de la ville après la prise du secteur arabe par Israël en 1967.
«Était-il nécessaire d'inclure le camp de Chouafat, Arab al Sawahre, Wallaje et d'autres villages pour conclure qu'il s'agissait là de Jérusalem?», a-t-il demandé dans ce discours évoquant la mémoire d'un ministre tué par des Palestiniens en 2001. «Il est permis de poser des questions légitimes», a ajouté Olmert. La semaine dernière, son adjoint Haïm Ramon avait estimé qu'Israël devait se tenir prêt à engager des négociations avec les Palestiniens sur un partage de Jérusalem et sur l'abandon de l'autorité exercée sur certains de ses sanctuaires religieux.
Mme Rice a par ailleurs a implicitement exclu hier que la réunion internationale de novembre traite de la question du Golan, alors que la Syrie en fait une condition à sa participation. «C'est une réunion sur la question israélo-palestinienne», a déclaré Mme Rice à la télévision publique israélienne.
«Cela dit, les États-Unis sont parfaitement conscients qu'au bout du terme, il faudra un règlement de paix global au Proche Orient [...], ce qui implique bien évidemment une solution aux problèmes opposant Israël et la Syrie», a-t-elle ajouté.
Elle a rappelé que la Syrie est membre du Comité de suivi de la Ligue arabe en ce qui concerne la question palestinienne et qu'à ce
La déclaration de Mme Rice répond au refus de la Syrie de participer à la réunion internationale sur le Proche-Orient prévue à l'automne sous l'égide des États-Unis si la question du plateau du Golan syrien occupé par Israël n'est pas évoquée.
Le Golan a été occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981. La Syrie exige d'Israël un retrait de tout ce plateau stratégique jusqu'aux lignes d'armistice en vigueur avant la guerre de juin 1967.

