Bilan de Statistique Canada - Un Canada vert en paroles seulement

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Louis-Gilles Francoeur
Édition du mardi 16 octobre 2007

Mots clés : environnement, politiques vertes, eau, Canada (Pays)

La situation environnementale ne s'améliore pas au pays

Tout le monde affirme donner la priorité à l'environnement, et les politiques seraient toutes «durables». Mais, dans les faits, la situation environnementale du Canada ne s'améliore pas, selon les indicateurs compilés par Statistique Canada.

Si le Canada compte par dizaines de milliers le nombre de ses cours d'eau, dans les milieux habités, la situation est moins rose. En effet, selon le dernier bilan dressé par Statistique Canada à partir de ses 359 sites de surveillance dans le sud du pays, un cours d'eau sur quatre affichait l'an dernier une qualité médiocre ou carrément mauvaise.

Et, ce qui ne surprendra personne depuis cet été au Québec, le phosphore constitue l'une des principales causes des problèmes.

Dans 127 des 344 sites surveillés annuellement à titre d'indicateurs environnementaux, les taux de phosphore dépassaient en 2006 les limites établies par les lignes directrices sur la qualité de l'eau par plus de 50 %. Et pour les chercheurs, «la majorité du phosphore contenu dans l'eau provient des égouts, des eaux de ruissellement des terres agricoles et des eaux usées industrielles».

La surabondance du phosphore peut provoquer une croissance excessive des plantes aquatiques et, dans certains cas, provoquer, comme au Québec cet été, des explosions de cyanobactéries. Soit dit en passant, le nombre de lacs touchés par ces «fleurs d'eau» atteignait hier 169, selon les relevés effectués par le gouvernement.

Globalement, parmi les 359 sites aquatiques suivis annuellement dans le sud du Canada, la qualité de l'eau s'avère excellente dans 44 % des cas et moyenne dans 33 %. Dans les régions plus nordiques et partant, moins peuplées, le pourcentage des cours d'eau en bonne santé est évidemment plus élevé.

Le smog en progression

Si les émissions de gaz à effet de serre semblent plafonner en 2005, l'intensité du smog continue d'augmenter dans le sud de l'Ontario et du Québec, révèlent les indicateurs de viabilité environnementale.

De 1990 à 2005, précise Statistique Canada, l'exposition à l'ozone (O3) a augmenté en moyenne de 0,8 % par année à l'échelle canadienne, soit une augmentation totale de 12 %.

En 2005, les taux les plus élevés ont été enregistrés dans le sud de l'Ontario où se trouvent les plus importantes populations urbaines.

Le sud du Québec et le sud de l'Ontario sont d'ailleurs les deux seules régions du pays qui ont enregistré des hausses des concentrations de smog. L'augmentation moyenne a été de 17 % en Ontario et de 15 % au Québec. Mais, dans le cas du sud du Québec, notamment à Montréal, la moitié au moins du smog provient de l'Ontario, selon les études fédérales.

Ailleurs au pays, les tendances ne bougent ni à la hausse ni à la baisse. Cependant, les concentrations les plus élevées de particules de moins de 2,5 microns (PM 2,5), notamment émises par les centrales au charbon et les moteurs diesels, se situaient dans le sud de l'Ontario et du Québec.

Le smog et les particules ultrafines sont responsables de maladies respiratoires et cardiovasculaires notamment. Santé Canada estime à 5900 morts prématurées chaque année l'impact de cette pollution atmosphérique dans les milieux urbains.

Bilan GES

Statistique Canada a évalué à 747 millions de tonnes équivalentes au dioxyde de carbone (CO2) les émissions canadiennes en 2005, ce qui porte à 25 % au-dessus du niveau de 1990 l'augmentation depuis 15 ans et à 33 % au-dessus du niveau cible défini dans le protocole de Kyoto (6 % sous la barre de 1990).

Les émissions se sont démarquées entre 2003 et 2005 de la tendance à la hausse qui avait été observée depuis 1990 en raison d'une croissance économique et la production pétrolière de l'ouest canadien.

Mais, ajoute le rapport de Statistique Canada, «l'intensité» des émissions de GES a été réduite de 17,8 % entre 1990 et 2005, ce qui signifie que l'on a utilisé moins d'énergie par unité de production. Mais comme la production a augmenté dans une proportion nettement supérieure, les émissions en chiffres absolus ont augmenté de 25 % par rapport à 1990, dépassant l'augmentation de 17 % de la population canadienne durant la même période.


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