Montréal-Trudeau accueillera l'A380 en novembre
Mots clés : A380 d'Airbus, Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, Transport aérien, Aéroport, Québec (province)

Photo: Agence France-Presse
Le 15 novembre, après être allé aux États-Unis, l'avion géant repartira de Montréal pour Paris. Y prendront place les gagnants d'un concours lancé hier, des clients fidèles d'Air France de même que d'employés du transporteur et d'Airbus. Il ne sera pas possible d'acheter des billets pour ce vol spécial.
L'A380 a déjà atterri à Vancouver et à Iqaluit, au Nunavut, pour des tests techniques. En mars, le transporteur allemand Lufthansa avait organisé des vols promotionnels entre Francfort, New York et Chicago. La compagnie australienne Qantas avait fait de même à Los Angeles.
Une première livraison commerciale
Dans la foulée, l'avionneur européen livrait hier à Toulouse le premier exemplaire de son A380, le plus gros avion de ligne de l'histoire, à Singapore Airlines, avec 18 mois de retard. «C'est un grand jour pour tout le monde. Cela montre que l'entreprise est en train de repartir. Nous sommes heureux de montrer que nous avons un gagnant», a déclaré à des journalistes le patron de EADS, Louis Gallois, en marge de la cérémonie, refusant de parler des affaires, pour «ne pas gâcher la fête».
Thomas Enders, p.-d.g. d'Airbus depuis fin août, a remercié «les ingénieurs, techniciens et membres du personnel» ainsi que les clients et les sous-traitants, dans un discours devant 600 personnes -- journalistes, salariés du groupe et de Singapore Airlines essentiellement --, réunies dans le bâtiment principal du centre de livraison.
«Avec la livraison d'aujourd'hui, nous ouvrons un nouveau chapitre dans l'histoire de l'aviation civile», a dit Chew Choon Seng, patron de Singapore Airlines, qualifiant de «passé» le rival de l'A380, le 747 de l'américain Boeing.
D'abord caché derrière un rideau, le quadriréacteur a été tracté jusqu'au bâtiment principal du centre de livraison pour se nicher face à la grande baie vitrée concave derrière laquelle se situaient les spectateurs de la cérémonie.
Les trois patrons ont visité la cabine de l'A380, une version particulièrement luxueuse et spacieuse, configurée avec 471 sièges seulement. En aménagement standard, le super-jumbo, destiné à défier le 747 (dans les airs depuis 1970, et doté dans sa version élargie de 450 places) peut transporter 525 passagers et jusqu'à 853 en charter.
L'appareil partira aujourd'hui pour Singapour, d'où il effectuera son premier vol commercial le 25 octobre en ralliant Sydney.
La livraison de l'A380 a été repoussée en raison de problèmes d'industrialisation, en particulier dans l'assemblage des câbles électriques. Ces difficultés ont mis en lumière le manque d'intégration entre les différentes composantes d'Airbus et conduit à la simplification de la direction franco-allemande.
En ce qui concerne le calendrier de livraisons, M. Gallois s'est montré confiant et prudent à la fois: «Vous avez face à vous un Airbus humble pour tenir les délais de livraison. Toute la compagnie est mobilisée. On doit en livrer 13 l'an prochain, 25 en 2009, 44 en 2010. C'est toujours un défi pour tous les avions. La montée en régime est une période extrêmement tendue».
L'avion totalise à ce jour 189 commandes fermes et engagements d'achat émanant de 16 clients, principalement du Golfe, d'Asie et d'Europe.
En raison des retards et des surcoûts, le seuil de rentabilité du programme est passé de 270 à 420 exemplaires au prix catalogue de 319,2 millions $US.
Les espoirs commerciaux de l'A380 sont fondés sur le développement des liaisons entre grands aéroports. Boeing parie en revanche sur les vols directs avec son futur long-courrier Dreamliner B787, dont la date de mise en service vient d'être repoussée de six mois à décembre 2008. Sur ce créneau, l'A350 XWB d'Airbus ne sortira qu'en 2013.

