Un an après la crise financière - Le quotidien français Libération s'offre un lifting

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AFP
Édition du lundi 15 octobre 2007

Mots clés : crise financière, Libération, Média, Économie, France (pays)

Le nouveau look de Libération

Photo: Agence France-Presse

Paris -- Un an après une grave crise financière qui l'a mené au bord du gouffre, le quotidien français de gauche Libération lance aujourd'hui une nouvelle formule, «plus optimiste», qui se traduira notamment par un passage à la couleur pour l'intégralité du journal.

Il s'agit pour Libé, fondé sous l'égide du philosophe Jean-Paul Sartre en 1973, de séduire encore plus de lecteurs et d'annonceurs, car ses finances sont toujours fragiles.

«Nous trouvions le journal anxiogène, toujours tourné vers le côté sombre des choses», une idée «contraire au projet original de Libération», a expliqué le directeur du quotidien Laurent Joffrin, aux commandes depuis fin 2006.

«Nous voulons faire un journal qui diffuse non pas de l'angoisse, mais de l'énergie, qui redonne le goût de l'avenir, qui soit un laboratoire de l'avenir», a-t-il souligné.

Après plusieurs grands quotidiens, dont Le Monde et Le Figaro en 2005, c'est donc au tour de Libération de s'offrir un lifting.

Pas question toutefois de déboussoler les fidèles de Libé: le format, le célèbre losange rouge et la pagination demeurent, ainsi que trois de ses rubriques phares: «Événement», «Rebonds» et «Portrait».

En trois parties

Mais le nouveau Libé sera désormais construit en trois parties.

Les dix premières pages seront consacrées aux choix éditoriaux de Libération, autour de trois thèmes d'actualité.

Viendra ensuite une page «histoire du jour» ou «homme du jour», puis une page «contre-journal» (les réactions des lecteurs et des internautes) et «making-of» (les coulisses du journal).

Le reste de l'actualité sera développé sur 14 pages, avec les classiques séquences Monde, France, Vous, Économie, Sports.

Enfin, une troisième partie sera consacrée aux sujets plus magazine, aux idées, à la culture, avec une dominante pour chaque jour de la semaine (sports, futur, cinéma, livres, tentations).

Dès sa sortie, les lecteurs parisiens découvriront un journal tout en couleurs, le reste de la France devant passer en quadrichromie en février-mars.

Une renaissance

Avec cette nouvelle formule, qui a représenté un investissement de 150 000 euros, il s'agit d'une nouvelle étape de la renaissance de Libération, un an après la grave crise financière qui l'a conduit au bord du dépôt de bilan.

Au terme d'une lutte interne de plusieurs mois, les actionnaires ont accepté fin 2006 de recapitaliser le quotidien à hauteur de 15 millions d'euros, au prix de quelque 80 suppressions de postes sur 280.

Depuis, le journal, diffusé à quelque 135 000 exemplaires, a «réussi à enrayer la spirale de la baisse de la diffusion», avec des ventes en hausse de 7 % sur les huit premiers mois de l'année, a souligné M. Joffrin, successeur de l'emblématique patron du journal, Serge July, qui a démissionné en juin 2006.

Mais Libération pâtit, comme la plupart de ses confrères, de la mauvaise santé du marché publicitaire. Les difficultés de Libération reflètent plus généralement celles de la presse quotidienne nationale d'information en France.

En 1946, la France comptait 28 quotidiens nationaux, avec une diffusion de six millions d'exemplaires. Il n'en reste que onze pour un total de deux millions d'exemplaires, soit moins que la diffusion d'un seul tabloïd britannique.


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