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Primum vivere...
Heureux sommes-nous de pouvoir profiter de longues années durant d'une réflexion soutenue sur le sens de la vie et de la mort et donc de s'enquérir auprès de nos prédécesseurs des débats qui ont fait de la civilisation occidentale ce qu'elle fut et ce qu'elle reste. Je parlais évidemment de la retraite et du silence qu'il nous est octroyé de vivre plus longuement grâce aux miracles de la science médicale.
À l'époque médiévale, il existait des monastères où l'on conservait précieusement la pensée antique. De nos jours, il est encore possible (mais pour combien de temps encore ?) de se réfugier à Oka ou St-Benoît pour philosopher enfin dans le silence. Certains lieux existaient jadis comme la Bibliothèque St-Sulpice où le silence était respecté et la pensée valorisée. On aura verrouillé le silence ! Nommez-les, ces oasis, ces palmeraies chantés par Valery qui permettent patiemment à l'esprit de multiplier ses dons. Quelle déception de franchir ce capharnaüm de la consommation qui s'appelle la BNQ !!!
Si la pensée se meurt, si "la poésie fout le camp Villon", c'est parce que l'âge ne rend pas plus sage à défaut "de ne pouvoir passer un jour seul, dans sa chambre" (Pascal). C'est seulement là et non dans le monologue des salles de cours où l'on n'apprend que des conclusions, que la dure réflexion permet de naître à soi-même.
Faites confiance, Madame Bombardier, il y a encore des idiots qui découvrent la lumière dans la pénombre d'un "poêle"(Decartes).
