Prix Marcel-Vincent - Un Canada aux nations multiples
Mots clés : UQAM, Alain G. Gagnon, Prix Marcel-Vincent, Université, Québec (province)
Alain G. Gagnon propulse le Québec sur la scène internationale

Un Canada « frileux »
Par voie de comparaison, le professeur Gagnon a peu à peu élaboré sa vision du Canada et du Québec. Un Québec qu'il souhaiterait autonome, comme peuvent l'être le pays de Galles et l'Écosse au sein du Royaume-Uni. «En comparant notre situation à celle d'autres pays, je comprends mal, dit-il, pourquoi le Canada est aussi frileux par rapport à l'autonomie du Québec. Il ne s'agit pas seulement d'adopter une motion de reconnaissance de la nation québécoise comme l'a fait le gouvernement Harper, mais de faire en sorte que cette reconnaissance ait une incidence sur l'interprétation de la Constitution, ce qui n'est pas le cas en ce moment.»
En fait, précise-t-il, «ici, dès que le fait de reconnaître l'une des nations fondatrices à une incidence politique, l'inconfort s'installe et on refuse d'aller plus loin». Pourtant, affirme Alain G. Gagnon, «si le Canada a un avenir, il repose sur ces nations fondatrices, incluant les Premières Nations qui ont, elles aussi, beaucoup de difficulté à se faire reconnaître».
Pour ses collègues chercheurs et universitaires, les travaux de Alain G. Gagnon et les constats qui s'en dégagent figurent parmi les plus novateurs et intéressants des dernières décennies. Pour René Côté, doyen de la faculté de science politique et de droit de l'UQAM, «les travaux du professeur Gagnon ont contribué à décloisonner l'étude de la société québécoise, la situant dans son contexte continental et international, à promouvoir de nouvelles approches conceptuelles et théoriques en sciences sociales ainsi qu'à placer le Québec et le Canada au coeur des débats qui secouent la communauté scientifique internationale».
Un attachement réel
Le rayonnement international des travaux du professeur Gagnon n'est en effet plus à démontrer. Professeur invité dans de nombreuses universités, il est par ailleurs à l'origine de quelque 400 publications, dont beaucoup sont citées comme référence à l'étranger. Pour ce Rimouskois d'origine, l'attachement au Québec est toutefois bien réel.
«Il y a ici un respect pour les règles démocratiques que j'admire. La société civile est très affirmée et présente, mais tout de même respectueuse des structures. De voir aujourd'hui mes travaux reconnus par mes pairs m'honore sincèrement. Pour moi, mais aussi pour mon institution, dont on a récemment remis en cause la mission de recherche.»
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Collaboratrice du Devoir
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l'UQAM pas du béton mais des cerveaux! - par Michelle Bergeron
Le samedi 13 octobre 2007 01:00

