Discours du Trône - Kyoto à la déchiqueteuse
Mots clés : Stéphane Dion, Discours du Trône, Kyoto, Élection, Gouvernement, Canada (Pays)
Les conservateurs veulent piéger Stéphane Dion en le forçant à choisir entre le protocole ou des élections

Photo: Agence Reuters
Le discours du Trône, attendu mardi soir, sera soumis à un vote de confiance à la Chambre des communes et pourrait déclencher des élections si le chef libéral Stéphane Dion se joint aux autres partis d'opposition pour rejeter son contenu.
M. Dion, un si grand défenseur des mesures environnementales qu'il a prénommé son chien Kyoto, pourrait ainsi se retrouver dans une impasse.
Le chef libéral pourrait appuyer le discours du Trône et s'exposer à de nombreuses moqueries de la part de ceux qui estimeraient qu'il a abandonné ses principes. Il pourrait aussi rejeter le discours et se retrouver en campagne électorale alors que sa cote de popularité est au plus faible dans les sondages d'opinion, que les guerres intestines de son parti font les manchettes et que le financement se fait ardu.
«Si j'étais M. Dion, je ne pourrais pas appuyer [le discours]», a estimé un responsable du gouvernement.
Puisque le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique ont tous deux fortement suggéré qu'ils s'opposeront au discours du Trône, le destin du gouvernement minoritaire conservateur semble être entre les mains du chef libéral.
Certains libéraux ont toutefois laissé entendre que M. Dion trouverait une façon de s'opposer au discours du Trône sans défaire le gouvernement et déclencher des élections.
Un des scénarios envisagés pourrait consister à faire voter les principaux députés libéraux contre le discours tout en ordonnant aux députés d'arrière-banc de s'abstenir.
Cette tactique permettrait d'éviter une campagne électorale et laisserait les libéraux libres de continuer à déclarer leur opposition au plan de match du gouvernement. Les libéraux ont fait remarquer que les conservateurs ont déjà eu recours à une tactique similaire lors d'un vote clé sur un budget lorsqu'ils étaient dans l'opposition.
Selon les sources conservatrices, le discours comprendra un engagement à combattre les changements climatiques et s'attardera notamment sur des objectifs populaires, comme la conservation et la qualité de l'eau.
Mais les remarques sur les objectifs de Kyoto pourraient être particulièrement dures envers Stéphane Dion. Les conservateurs s'apprêteraient à louer les objectifs du protocole de Kyoto tout en blâmant l'ancien gouvernement libéral pour avoir rendu leur atteinte impossible.
M. Dion a brièvement occupé le poste de ministre de l'Environnement au sein de l'ancien gouvernement libéral, période pendant laquelle les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de plus de 2,5 %.
Malgré tout, les libéraux affirment toujours que l'atteinte des cibles de Kyoto est réaliste.
Les libéraux ont adopté une loi forçant le gouvernement à respecter cet accord et M. Dion a mis en avant un plan pour les grands émetteurs industriels qui, affirme-t-il, aiderait le Canada à atteindre ses objectifs.

