Pouvoir de dépenser: Harper arnaque le Québec, dit Duceppe

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Antoine Robitaille
Édition du vendredi 12 octobre 2007

Mots clés : Harper, Duceppe, Pouvoir de dépenser, Gouvernement, Québec (province), Canada (Pays)

Québec -- Arnaque, mensonge, trahison: le chef bloquiste Gilles Duceppe a multiplié les invectives à l'endroit du premier ministre conservateur Stephen Harper hier lors d'un discours à l'Université Laval devant quelque 200 personnes.

M. Duceppe, qui veut donner un second souffle au Bloc québécois, malmené dans les sondages, estime que la notion d'ouverture est une «arnaque». Celle-ci, aux yeux du chef bloquiste, «c'est juste des mots. On veut plus que des mots. Et on vaut plus que des mots», a-t-il martelé. «On ne s'est pas battus pendant des dizaines d'années pour entendre des belles paroles. On veut des actes!»

Aussi, aux yeux de M. Duceppe, le prochain discours du Trône sera un «test» pour le premier ministre conservateur, «et en particulier la question de l'élimination du pouvoir fédéral de dépenser». M. Duceppe estime que l'encadrement de ce pouvoir n'est pas suffisant et qu'il faut carrément l'«éliminer». Il a souligné que l'Action démocratique du Québec ainsi que l'ancien ministre libéral Yves Séguin (dans son rapport sur le déséquilibre fiscal) avaient déjà plaidé pour «l'élimination» de ce pouvoir.

M. Duceppe a soutenu que l'invention du concept de pouvoir illimité de dépenser du fédéral, au XXe siècle, constituait un viol du «contrat» de 1867.

Le chef bloquiste a aussi soutenu que le pouvoir de dépenser fédéral retarde souvent les décisions québécoises, fait qu'il a illustré en rappelant le dossier des congés parentaux. L'idée de tels avantages pour les nouveaux parents avait été proposée en 1984 par la Fédération des femmes du Québec. Or, quand le gouvernement québécois avait repris l'idée, cinq ans plus tard, il ne pouvait rien faire puisque «Ottawa utilisait déjà son pouvoir fédéral de dépenser pour intervenir par le biais de l'assurance chômage», a argué M. Duceppe. «Pour créer son programme, le Québec devait donc obtenir l'argent déjà utilisé par Ottawa. Mais à l'époque, Ottawa a dit non», a-t-il. En tout, il aura fallu une génération entière pour se donner des congés parentaux, a déploré M. Duceppe.

Les conservateurs mentent, a aussi répété M. Duceppe. Les promesses d'ouverture que M. Harper a faites à Québec le 19 décembre 2005 ont à ses dires été «trahies», «les unes après les autres». «Les conservateurs répètent à tout vent depuis des mois qu'ils respectent leurs promesses et qu'ils ont éliminé le déséquilibre fiscal. C'est faux, et ils le savent.» Selon lui, les élus de Stephen Harper ne disent pas la même chose en anglais et en français au sujet de la nation. Dans une langue, ils se vantent d'avoir reconnu la nation québécoise. «En anglais, ils [...] disent [...] que la reconnaissance de la nation québécoise n'a aucune véritable signification, aucune valeur juridique.» Interrogé lors d'un point de presse à la suite de son discours à propos du chapelet d'accusations graves qu'il venait de lancer, M. Duceppe a nuancé: «C'est malhonnête de dire "j'ai rempli mes promesses" quand elles ne sont pas remplies.»

Québec aussi

Par ailleurs, Le Devoir a appris hier que Québec, par l'entremise du ministre des Affaires intergouvernementales Benoît Pelletier, a «récemment» réclamé à Ottawa, lors d'une rencontre «en haut lieu», qu'il souhaitait ardemment que le gouvernement Harper aborde la question de l'encadrement du pouvoir de dépenser dans le discours du Trône. Dans l'entourage du premier ministre Jean Charest, on a indiqué que la notion d'«élimination» du pouvoir de dépenser est une notion «souverainiste». Le gouvernement Charest préfère le mot «encadrement».

Québec s'est discrètement élevé contre la création, fin août, de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC). Le Devoir a obtenu confirmation que le gouvernement avait demandé des sommes d'argent en compensation pour la création de cet organisme pancanadien (55 millions de dollars en cinq ans). Mais au bureau de M. Harper, on a contredit cette information. L'attaché de presse de M. Harper, Dimitri Soudas, estime que puisque «la Commission ne versera pas de fonds directement aux provinces et aux territoires, il ne devrait pas être nécessaire de négocier quoi que ce soit avec ceux-ci».


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Verbeux et creux opportunisme «bloquiste». - par Gerry Pagé
Le samedi 13 octobre 2007 16:00

Déplaisant M. Duceppe - par Pierre Castonguay (p.castonguay@videotron.ca)
Le vendredi 12 octobre 2007 06:00

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