Plan québécois des infrastructures - Des milliards attendus et bienvenus
Mots clés : infrastructures, Réseau routier, Québec (province)
Il est rare qu'une annonce comprenant de grosses sommes d'argent fasse des mécontents. En toute logique, hier, la plupart des intervenants touchés par le Plan québécois des infrastructures se sont donc dits heureux que Québec confirme des investissements de 30 milliards.
«La qualité des infrastructures constitue un facteur crucial de développement économique», a noté le président du Conseil du patronat du Québec, Michel Kelly-Gagnon. «Et si c'est vrai pour les routes, ce l'est également pour les autres infrastructures couvertes par le plan.» Il juge celui-ci «ambitieux mais réaliste» tout en prévenant que son application ne devra pas entraîner d'augmentation de la dette du Québec.
Bénéficiaire directe d'une amélioration de l'état des routes et des ponts, l'Association du camionnage du Québec ne pouvait «que saluer un geste qui apporte de l'argent pour améliorer la situation» tout en observant «que le gouvernement n'avait pas vraiment le choix».
À la Coalition pour le renouvellement des infrastructures du Québec, le président Gilles Vaillancourt, aussi maire de Laval, a parlé d'une annonce à la fois bonne et mauvaise. «Bonne parce qu'elle permettra de rétablir et de maintenir en bon état nos infrastructures, ce qui nous assurera à tous des routes, des bâtiments scolaires, des hôpitaux sécuritaires ainsi que de l'eau d'excellente qualité.»
L'aspect négatif, selon M. Vaillancourt, c'est qu'on soit obligé d'imposer «une loi pour que les institutions publiques accomplissent le mandat qui est le leur». Dans l'ensemble, il salue toutefois le plan.
Jean Perreault, maire de Sherbrooke et président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), trouve aussi «surprenante» l'initiative de cette loi. Mais elle n'est pas nécessairement mauvaise, a-t-il dit, si elle garantit des investissements récurrents.
M. Perreault juge que ce plan «reconnaît les principales revendications» de l'UMQ et permettra de «combler une bonne partie du déficit des infrastructures et de mettre aux normes les réseaux d'égout et d'aqueduc. [...] Il y a encore beaucoup à investir, mais c'est un excellent pas pour le moment».
En marge de la présentation d'hier, M. Perreault a indiqué qu'au niveau municipal, le «roulement des routes» préoccupe beaucoup la population. «Alors, je suis content de voir que le gouvernement prenne le taureau par les cornes et admette: "On n'a pas assez investi, on n'a jamais rénové."» Dans la foulée, il a reconnu les torts du monde municipal. «Les taxes foncières, ce devrait être réservé aux infrastructures, pas aux services à la personne.»
De son côté, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, se disait enthousiaste. Certes, il ne sait pas encore où l'argent sera investi, mais les projets ne manquent pas à Montréal, a-t-il rappelé en évoquant notamment le cas de la rue Notre-Dame.
Éducation et santé
Avec des investissements de près de six milliards d'ici 2015, le milieu de l'éducation se taillera une bonne part du gâteau. Et ce ne sera pas du luxe, selon le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron. «En raison de l'état des bâtiments scolaires, il devenait urgent que des ressources additionnelles soient consenties pour assurer la pérennité du parc immobilier scolaire» et offrir des conditions d'apprentissage plus favorables, a-t-il indiqué.
À la Fédération des cégeps, le président Gaëtan Boucher a fait valoir qu'il faudra maintenant s'assurer que chaque ordre d'enseignement reçoive sa juste part de l'enveloppe totale. «Nous avons 20 % du parc immobilier, on s'attend à 20 % de l'enveloppe.»
La présidente de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, Heather Munroe-Blum, s'attend aussi à une répartition «juste et équitable» des sommes. Elle se réjouit néanmoins de cette initiative puisque les «universités réclamaient depuis déjà longtemps des investissements majeurs afin de rattraper le retard notable dans l'entretien de leurs bâtiments».
Du côté du secteur de la santé, la présidente de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Lise Denis, a parlé d'un «grand coup de barre qui était absolument nécessaire pour permettre d'éliminer la vétusté des établissements». Elle cible entre autres les CHSLD où on trouve encore des chambres pour quatre personnes.
Tout un chacun attend maintenant de connaître la ventilation de ces dépenses avant de poser un diagnostic plus précis sur la valeur du plan.
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