Attentat de la rue Copernic à Paris: le terroriste présumé vivrait au Canada

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AFP
Édition du vendredi 12 octobre 2007

Mots clés : rue Copernic, crime antisémite, terroriste, Justice, Terrorisme, France (pays), Canada (Pays)

La France rouvre l'enquête sur le crime antisémite qui avait fait quatre morts il y a 27 ans

Un gendarme devant la cible de l'attentat, la synagogue de la rue Copernic, à Paris.

Photo: Agence France-Presse

Paris -- La France a relancé l'enquête sur un attentat près d'une synagogue à Paris, rue Copernic, qui avait fait quatre morts il y a 27 ans, a-t-on appris hier de source judiciaire.

Son auteur présumé, un Libano-Canadien, vivrait, selon la presse, au Canada.

Une commission rogatoire a été délivrée «très récemment» par le juge antiterroriste chargé de l'enquête, a-t-on indiqué de même source judiciaire, sans donner davantage de détails.

Le quotidien Le Figaro écrivait hier que cette commission a été délivrée à deux services d'enquête, la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage) et la Brigade criminelle, afin de recueillir des informations aux États-Unis sur l'auteur présumé de l'attentat qui, poursuit le journal, a longtemps vécu dans ce pays et serait désormais au Canada.

D'après Le Figaro, ce Libano-Canadien âgé de 55 ans est l'homme qui avait confectionné l'engin explosif déposé dans la sacoche d'une moto à quelques mètres de la synagogue de l'Union libérale israélienne, qui avait explosé le 3 octobre 1980, tuant trois Français et une Israélienne.

Sans vouloir confirmer l'information du quotidien, une source proche de l'enquête l'a jugée très nuisible aux investigations en cours.

Le Figaro assure que l'Allemagne a «acheté» dans des circonstances inconnues un fichier du Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS) dans lequel figurent notamment les noms des membres du commando de la rue Copernic.

Elle a ensuite mis ce fichier à la disposition de pays amis, dont la France, mais, selon le journal, «la justice française a tardé à exploiter ces informations», notamment au sujet d'«Alexander-Joseph», nom d'emprunt du présumé auteur de l'attentat de la rue Copernic.

Toujours selon Le Figaro, l'Italie a aussi fourni à la France une copie d'un passeport utilisé en 1980 par le suspect qui a loué la moto ayant servi à l'attentat sous le nom d'Alexandre Panadriyu, citoyen chypriote.

Les enquêteurs français s'efforcent de rassembler des éléments permettant de le confondre (empreintes digitales, spécimens d'écriture, traces ADN), ajoute Le Figaro.

L'attentat de la rue Copernic, le 3 octobre 1980, au coeur du quartier chic du XVIe arrondissement de Paris, a marqué les Français. À quelques minutes près, le bilan -- quatre morts et une vingtaine de blessés -- aurait été beaucoup plus lourd avec la sortie des 320 fidèles réunis à la synagogue à la veille du sabbat.

Le lendemain, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans les rues de Paris pour condamner cet attentat antisémite.

Le premier ministre d'alors, Raymond Barre, avait choqué la communauté juive par une phrase restée dans les mémoires. «Cet attentat odieux a voulu frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic», avait-il déclaré.


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