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Femme(s) contre elle(s)-même(s) : entre égalité et liberté

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Denis Beaulé
Envoyé Le jeudi 11 octobre 2007 15:00



Il ne servirait à rien à la femme d'être «plus égale» en étant moins libre. C'est pourtant ce qui risque d'advenir le jour où l'égalité sexuelle (collective) prévaudra sur la liberté de conscience (individuelle). Une femme, même non musulmane ou non croyante, pourrait se voir interdire le port d'un vêtement, qu'elle considérerait gage d'égalité sexuelle pour elle, du fait qu'une majorité contingente le considérerait, elle, comme un marqueur d'inégalité.

Il y a une différence entre ce qui est imposé (collectivement «là-bas» quelque part) et ce qui est librement voulu (individuellement par la femme même «ici» ou ailleurs). Il faudrait prendre garde de restreindre ce qui suscite l'envie: la «liberté égale» ou la «liberté totale» de la «Québécoise».

Il y a une différence aussi entre l'extrême et le juste milieu ou le (plus) sensé. Le foulard ressortit à ceux-ci, le niqab et la burqa à celui-là. D'ailleurs, Mahomet même n'aurait pas accepté un voilement féminin empêchant la reconnaissance (l'identification). Car sa consigne de voilement avait justement pour fin de permettre de distinguer les unes des autres. Pour ce il faut savoir qui est qui.

Il y a une différence, enfin, entre l'idéal et le «réel». Dans l'ordre de l'idéal, en effet, les enfants porteraient et le nom de leur père et le nom de leur mère, et le nom de leur grand-père et le nom de leur grand-mère, et le nom de leur arrière grand-père et le nom de leur arrière grand-mère. Or, on le sait, une tentative en ce sens aura échoué au test de faisabilité. Si bien que, nonobstant la précarité du couple (québécois) contemporain, les nouvelles mères, majoritairement, préfèrent maintenant assigner le seul nom du père à leur progéniture. Pourquoi? Demandez-le-leur. Chose certaine, ce n'est pas parce que ce leur serait imposé. La nouvelle génération de jeunes femmes étant, socio-familialement, la plus libre ayant jamais existé au Québec.

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