Vos réactions

Merci Dr. Chaoulli

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Pierre-Yves Pau
Envoyé Le jeudi 11 octobre 2007 13:00



De toutes les provinces canadiennes, le Québec est en fait celle qui fait le plus de place au privé. Dans la seule région de Montréal, il y a environ 150 cliniques privées, ce qui prouve bien d'ailleurs l'obsolescence et l'hypocrisie du dogme officiel sur le caractère public du système de santé.

Donc, le Québec est la province qui fait le plus de place au privé, Mais dans quelles conditions? L'anarchie totale, avec des gouvernements qui parlent des deux côtés de la bouche, s'opposant officiellement au développement du secteur privé, tout en laissant se développer sans aucun contrôle une médecine pour les riches.

Résultat nous avons aujourd'hui un système qui combine les *défauts* des secteurs publics et privés, au lieu d'en conjuguer les qualités, et l'accessibilité des soins est illusoire non seulement pour les pauvres, mais pour une bonne partie de la classe moyenne.

On ne voit vraiment pas à qui ceci peut profiter, sinon aux mandarins du système public, à l'écosystème d'affairistes de la santé qui les contrôlent, qu'ils soient médecins ou fonctionnaires, et aux caisses des syndicats. Ce monopole public à la soviétique ne peut pas fonctionner. L'essence d'un monopole est de rationner l'offre, d'encourager le gaspillage et les abus, et de créer des situations de conflits d'intérêt ou ceux dont le mandat est en principe d'optimiser l'efficacité du système - qu'il s'agisse de l'ordre des médecins ou des syndiqués - ont en fait tout avantage à créer et défendre des rentes de situation au détriment des patients.

Quiconque rend toute évolution organisée impossible, rend une révolution désorganisée inévitable. Il est temps de mettre à mort cette vache sacrée et d'instaurer, comme en Suède ou en France (dont les systèmes de santé surclassent nettement celui du Québec d'après l'OMS), un système mixte réglementé qui établisse une véritable concurrence entre le public et le privé. S'opposer à celà, c'est accepter que des milliers de Québécois continuent chaque année à souffrir et mourir pour rien, sacrifiés sur l'autel du monopole public, c'est faire passer la rigidité idéologique avant le devoir de compassion, et c'est une position qui politiquement deviendra de plus en plus intenable.

Il serait aussi plus efficace d'instaurer un système d'assurance de soins de santé complémentaire dans lequel les citoyens choisiraient la quantité de services, les médecins et les hôpitaux desquels ils veulent recevoir leurs services de santé. Ce pourrait être un modèle comparable au régime d'assurance-médicaments. Le Québec a mis sur pied ce regime sans nationaliser les pharmacies et cela fonctionne mieux que l'assurance santé et l'assurance-hospitalisation. Pourquoi ne pourrait-on pas faire de même avec les médecins et les hôpitaux.

Pour cela, il faudrait autoriser et réglementer l'ouverture d'hôpitaux privés, et laisser les médecins et les hôpitaux établir leurs propres tarifs. La concurrence ferait le reste. Le gouvernement pourrait allouer annuellement un crédit d'assurance santé à chaque citoyen qui pourrait accumuler ses crédits au fil des ans.

Mais il est clair également que les groupes de pression qui tirent avantage des disfonctionnements actuels du système de santé, tonneau des Danaïdes dans lequel s'engouffrent la moitié des impôts des Québécois, ne bougeront que par la force des baïonettes. Dans ce contexte de paralysie organisée il faut une fois de plus remercier le Dr. Chaoulli d'allumer une fois de plus un astucieux feu de joie sous les postérieurs des potentats de la santé publique, et d'enclencher ainsi une dynamique qui forcera les politiciens à faire face à leur responsabilités, et à cesser de se traîner les pieds.

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com