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Et la Suprématie de Dieu dans la Charte canadienne?
Certaines coutumes qualifiées dans notre pays de rétrogrades sont dans certaines régions du monde des traditions sociales datant du Moyen-Âge sinon du début des temps, et qui subsistent encore dans certains pays, et qui ont été récupérées par certaines religions. Certains membres de certaines religions font de ces coutumes des obligations d'origine divine.
Ceux et celles qui préconisent ces coutumes dans notre pays se référeront peut-être à la Partie I de la Charte canadienne des droits et libertés qui débute par : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu ... » .
Beaucoup de religions font de la suprématie de Dieu la base de leur argumentaire.
Ainsi, dans l'Islam, le principal message du Coran est l'absolue suprématie de Dieu, qui doit se manifester non seulement dans la vie privée ou individuelle mais aussi dans la vie de la collectivité. Dans la religion juive traditionnelle, il y a cette volonté de sacraliser jusqu'aux actions quotidiennes les plus banales et souligner sans cesse l'absolue suprématie de Dieu. Et dans le christianisme, on se souvient du « Dieu le veut ! » qui autorisait (et même commandait) tout. Cet argumentaire de la suprématie de Dieu a conduit à beaucoup de dérapages dans l'Histoire.
Je me demande qu'est-ce que la suprématie de Dieu vient faire dans la Charte canadienne des droits et libertés. En fait, qu'est-ce que cela signifie au juste la "suprématie de Dieu"? La "suprématie de Dieu" sur qui et sur quoi? L'intégrisme, le dogmatisme et l'obscurantisme ne sont pas loin quand on met en exergue la suprématie de Dieu, et ce quelles que soient les religions qui s'en réclament. Beaucoup de penseurs prônent plutôt la suprématie de l'Homme (et de la femme !). Personnellement, je préférerais une Charte des droits et libertés qui reconnaîtrait ce dernier type de suprématie, juste pour se protéger un peu des dérapages possibles. Ou encore on pourrait parler de suprématie de la morale; car pour paraphraser Voltaire, la morale engendre le bien, le dogme engendre le mal.
À quand une révision de la Charte canadienne pour éliminer cet anachronisme de la « suprématie de Dieu »?
Note.
La "Suprématie de Dieu" est inscrite dans le préambule de la Charte canadienne des droits et libertés, qui est elle-même dans la Loi constitutionnelle de 1982 :
"Annexe B Loi constitutionnelle de 1982 (79).
Partie I Charte canadienne des droits et libertés.
Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu (sic) et la primauté du droit :
Garantie des droits et libertés
La Charte canadienne des droits et libertés garantit les droits et libertés ... " ( http://lois.justice.gc.ca/fr/Const/annex_f.html#I )
