Daniel Bélanger au Métropolis - Le bonheur est sur le toit
Mots clés : Métropolis, Daniel Bélanger, Musique, Montréal

Photo: Pedro Ruiz
La progression allait être lente, mais inexorable: de chanson en chanson, les rythmes pesaient plus pesamment, les guitares s'étendaient, les claviers augmentaient en densité, et la voix de Bélanger devenait à chaque titre un peu plus puissante et solennelle. Cette soirée n'allait pas être légère: échec du matériel, fin de l'homme, on n'était pas dans le primesautier, pas dans le badin. Bélanger a aligné ses ballades les plus tragiquement belles, Te quitter, Relié, Dis tout sans rien dire. C'était lourd et sourd, et planant à la fois. Guitares et claviers quittaient le toit pour le ciel, basse et batterie les rattachaient à la bâtisse comme des cerfs-volants.
Arrivé à Fous n'importe où, c'était immense. Un monde de sons. Le ciel tapissé, la salle remplie. L'orgue des Doors. Le groove dansant. Bélanger, pieds bien plantés sur le toit, laissait sa voix aller où elle voulait, c'est-à-dire partout. Mine de rien, c'était à nouveau le frisson d'avril. Le Métropolis était vaisseau, en route vers de nouvelles aventures. Tout était redevenu possible. Y compris la récréation, juste avant l'entracte: Le Parapluie. Tout le monde a chanté, Marc Déry est venu jouer du balai pendant que son ancien acolyte de Zébulon -- Quirion, tournicoton! -- tâtait du vibraphone. C'était fou, heureux, jazzy cool, le bonheur sur le toit.
La suite? Vous me raconterez: j'ai quitté après le décollage de la deuxième partie, fantastique Dans un Spoutnik. S'en venait une sacrée séance de défoulement, d'après la liste prévue: accolés, les machines à danser que sont Fermeture définitive et Sports et loisirs allaient transfigurer l'échec du matériel en victoire des corps. Ne soyez pas surpris de me revoir au Métropolis d'ici à samedi: la fin de ce spectacle ne sera pas la fin de l'homme.
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Collaborateur du Devoir
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