Charkaoui devra garder son bracelet de surveillance

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

La Presse canadienne
Édition du jeudi 11 octobre 2007

Mots clés : Adil Charkaoui, Justice, Canada (Pays)

Les conditions de liberté du présumé terroriste Adil Charkaoui doivent rester en place pour «neutraliser» tout danger, a tranché hier un juge de la Cour fédérale.

Charkaoui, qui vit à Montréal, fait l'objet d'un certificat de sécurité émis par les autorités canadiennes. Il doit porter un bracelet de surveillance électronique, ne peut sortir sans être accompagné et doit se soumettre à un couvre-feu. Il lui est aussi interdit d'utiliser un téléphone cellulaire.

Le juge de la Cour fédérale Simon Noël a statué que les conditions imposées à Charkaoui devaient être maintenues.

«Compte tenu des dangers auxquels Charkaoui a été associé et de l'importance de s'assurer que ce danger soit et reste neutralisé, les conditions associées à sa liberté restent nécessaires», a écrit le juge dans son jugement de 24 pages.

L'avocate de Charkaoui, Me Dominique LaRochelle, a indiqué que cette décision serait portée en appel.

«Je suis très déçue de cette décision qui comporte des erreurs de droit et que nous porterons en appel devant la Cour d'appel fédérale», a-t-elle indiqué.

Natif du Maroc, Charkaoui a été arrêté en 2003. Il a été détenu pendant 26 mois en vertu d'un certificat de sécurité jusqu'à sa remise en liberté, sous conditions, en 2005.

«Vu ma conclusion voulant que les conditions doivent être maintenues pour s'assurer que tout danger soit neutralisé, je ne peux simplement pas libérer temporairement M. Charkaoui sans condition», a écrit le juge.

Selon des documents rendus publics en 2003 par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Charkaoui «est un membre ou a été un membre» d'al-Qaïda, il représente un «danger pour la sécurité du Canada» et pourrait «participer à des [actes de] terrorisme».

Charkaoui a nié être lié à des groupes terroristes.

Mary Foster, membre d'un groupe qui appuie Charkaoui, a rappelé que la Cour suprême du Canada a statué plus tôt cette année que le processus des certificats de sécurité n'était pas constitutionnel.

«Et malgré tout, la liberté de M. Charkaoui reste assujettie à de sévères restrictions», a-t-elle indiqué lors d'un entretien. «Je suis très déçue [...] Où est la justice?»

Le juge Noël a cependant laissé la porte ouverte à d'éventuels changements. Il a demandé aux avocats de Charkaoui et du gouvernement fédéral de discuter de tout amendement qui pourrait être apporté aux conditions. S'ils n'arrivent pas à s'entendre, ils pourront toujours soumettre leurs propositions à la cour.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com