Dion se dit prêt à livrer bataille
Mots clés : Stéphane Dion, Stephen Harper, PLC, Parti politique, Élection, Canada (Pays)
Le chef du PLC reconnaît toutefois que les Canadiens ne veulent pas d'élections
Ottawa -- La guerre de mots que se livrent le premier ministre Stephen Harper et l'opposition s'est poursuivie hier, à moins d'une semaine du décisif discours du Trône. Le chef libéral, Stéphane Dion, a soutenu être «prêt à livrer bataille» si «l'intransigeance» des conservateurs force la tenue d'un scrutin cet automne. M. Dion a toutefois reconnu que ce n'était pas son premier choix, ajoutant que «la grande majorité des Canadiens ne veut pas d'élections».Stéphane Dion a rejeté du revers de la main les menaces de Stephen Harper hier. «Un discours du Trône ne peut pas mettre entre parenthèses le Parlement, a-t-il dit. Il faut évaluer chaque projet de loi à son mérite. Dire qu'il faut appuyer tous les projets de loi qui suivent le discours du Trône n'a pas de sens. Ça ne fonctionne pas comme ça.» Cette façon de vouloir diriger le pays comme si le premier ministre était à la tête d'un gouvernement majoritaire est «irrespectueux de la volonté des Canadiens», a affirmé Stéphane Dion. «Il veut prendre le Parlement en otage en le soumettant à des crises de confiance montées de toutes pièces.»
Si, dans son discours du Trône, le premier ministre manifeste le désir d'empêcher le Parlement de jouer son rôle démocratique, il sera alors «responsable» de défaire le gouvernement et de provoquer des élections, a dit M. Dion. Mais Stephen Harper en portera l'odieux, a-t-il ajouté.
Stéphane Dion a soutenu que «toutes les options restent ouvertes» en vue du discours du Trône. «Tout comme les Canadiens, nous ne voulons pas d'élections. Mais si Harper nous y force, nous serons prêts. Si les conservateurs, par leur intransigeance, poussent le Canada en élections, nous, les libéraux, leur ferons regretter d'avoir engagé la bataille», a-t-il lancé.
Mais le chef libéral, secoué par une crise interne depuis trois semaines, a affirmé à plusieurs reprises qu'il est «conscient» que les Canadiens ne veulent pas d'élections. «Aujourd'hui, comme chef de l'opposition, je sais que la grande majorité des Canadiens ne veulent pas d'élections fédérales tout de suite. Elles seraient les troisièmes élections fédérales en quatre ans, en plus des élections provinciales imminentes et récentes. Je le sais et je veux que le Parlement actuel fonctionne et fasse oeuvre utile», a-t-il dit.
Selon Stéphane Dion, les libéraux n'ont jamais fait d'obstruction systématique au Parlement depuis 20 mois et n'ont pas l'intention d'en faire, a-t-il dit pour répondre aux attaques de Stephen Harper sur le sujet. M. Dion a rappelé que c'est Stephen Harper qui a fait distribuer un livre à ses députés le printemps dernier sur l'art de bloquer les travaux des comités parlementaires.
Malgré cette volonté clairement affichée de faire fonctionner le Parlement, Stéphane Dion a refusé de préciser ses intentions. S'il veut voir les dossiers de l'Afghanistan, de l'environnement, de la pauvreté et de la productivité inscrits dans le discours du Trône, il n'a pas voulu étoffer ses demandes. «Quand on aura pris connaissance du discours du Trône, on jugera avec attention ce qui est proposé et comment nous devons agir en tant qu'opposition.»
Il faut rester unis, dit Dion
Concernant la crise qui secoue son parti, Stéphane Dion affirme retenir une leçon: «Les libéraux doivent toujours rester unis. C'est la seule façon de gagner l'appui des Canadiens», a-t-il dit, ajoutant qu'«un Canada uni a besoin d'un Parti libéral uni».
Stéphane Dion a refusé d'entrer dans les détails de ce qu'il a lui-même nommé «l'affaire Carroll», puisque les avocats sont maintenant chargés du dossier (Jamie Carroll menace de poursuivre le PLC pour congédiement abusif). Il a toutefois reconnu que M. Carroll est toujours le directeur général du PLC. Ce dernier a suscité la grogne au Québec avec ses commentaires sur l'ajout inutile de Québécois dans l'entourage du chef.
Stéphane Dion a qualifié les déclarations de M. Carroll de «triste événement». «J'espère que tout sera réglé [sur le sort de M. Carroll] dans les prochains jours, voire les prochaines heures», a-t-il dit.
Un sondage mené par la firme Décima pour le compte de La Presse canadienne révèle que les difficultés internes du PLC commencent pour la première fois à affecter les intentions de vote du parti. Ainsi, les libéraux ne récoltent plus que 28 % d'appuis à l'échelle nationale, alors que les conservateurs en obtiennent 35 %. Depuis des mois, les deux partis étaient pourtant au coude à coude. Ce sondage mené auprès de 1000 personnes a une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20. Au Québec, malgré une marge d'erreur plus grande, ce sondage attribue 35 % des intentions de vote au Bloc québécois, 26 % aux conservateurs, à peine 14 % aux libéraux, 12 % aux verts et 11 % au NPD.
Stéphane Dion ne s'est pas montré surpris de ces chiffres. «Il aurait été surprenant que trois semaines de difficulté ne changent rien à notre popularité. [...] On était à 30 % au Québec au début de l'année. Là, on a perdu des plumes, mais ça peut revenir.»
Vos réactions
Don Quichotte Dion - par Gilles Bousquet
Le mercredi 10 octobre 2007 08:00
Pauvre M. Dion (et pauvres autres chefs de partis de l'opposition) - par Etienne Merven (emerven@sympatico.ca)
Le mercredi 10 octobre 2007 07:00

