Télémarketing frauduleux - 160 policiers arrêtent 130 personnes dans une entreprise au centre-ville

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La Presse canadienne
Édition du mercredi 10 octobre 2007

Mots clés : Télémarketing frauduleux, Justice, Montréal

Les policiers ont procédé à 130 arrestations mais aucune accusation n'a encore été déposée.

Photo: Jacques Nadeau

Une opération policière visant à démanteler un réseau de fraude par télémarketing de masse, qui visait les petites et moyennes entreprises, a entraîné hier l'arrestation de 130 personnes.

Les perquisitions, saisies et arrestations ont été faites principalement dans un édifice à bureaux du centre-ville de Montréal, à l'intersection des rues Beaver Hall et Beaumont. D'autres opérations policières ont eu lieu dans des résidences et des entrepôts.

Les personnes arrêtées ont été interrogées et pourraient faire l'objet d'accusations.

Selon des informations fournies par Diane Lécuyer, responsable du Bureau de la concurrence pour la région du Québec, l'arnaque suspectée consistait à vendre divers produits à des PME à des prix de 10 à 12 fois supérieurs au prix normal.

Par exemple, une trousse de premiers soins était offerte à 400 $ l'unité par une personne qui prétendait appartenir à un organisme du secteur de la santé. Cette personne faisait valoir qu'une législation fédérale obligeait les entreprises à acquérir une de ces trousses et qu'une augmentation du prix était à prévoir. La valeur réelle d'une trousse de ce genre est d'environ 40 $.

D'autres produits étaient offerts, notamment du papier pour télécopieur et pour les transactions Interac. Le vendeur prétendait être le fournisseur habituel de l'entreprise, avoir reçu une première offre d'achat de la part de quelqu'un d'autre au bureau ou encore avoir reçu un bon de commande. Si l'acheteur potentiel trouvait que le prix demandé était très élevé, le vendeur prétendait que les prix étaient sur le point d'augmenter considérablement en raison de divers facteurs.

Si un acheteur non satisfait de la marchandise reçue décidait de la retourner à l'expéditeur, il s'ensuivait des pressions incessantes, de sorte que, souvent, de guerre lasse, le client payait.

Une offre d'inscription dans un annuaire canadien pour les PME était également proposée, toujours selon la porte-parole du Bureau de la concurrence.

Les premières plaintes reçues remontent à 2004. Environ 1500 ont été faites auprès du Centre canadien anti-fraudes, de différents corps policiers fédéraux et provinciaux ainsi que d'organisations américaines et européennes.

Le stratagème aurait surtout visé des entreprises canadiennes, mais également des entreprises américaines et européennes (en France, en Irlande, en Grande-Bretagne, en Suisse et en Belgique principalement).

Lors d'un point de presse, le caporal Elaine Lavergne de la Gendarmerie royale du Canada a indiqué qu'il était trop tôt pour évaluer l'ampleur de la fraude supposée, mais que les perquisitions auxquelles ont participé 160 policiers permettraient de s'en faire prochainement une bonne idée. «Nous allons trouver des choses aujourd'hui [mardi] qui vont nous permettre d'évaluer les pertes financières des victimes», a-t-elle déclaré.


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