À chacun son «Che»
Mots clés : anniversaire, guérillero, Ernesto Guevara, Décès, Bolivie (Pays)
Unis pour commémorer sa mort, les fans d'Ernesto Guevara ont chacun leur vision du guérillero

Photo: Agence Reuters
«Nous sommes les fils du Che. Il est plus vivant que jamais. C'est un exemple pour Cuba comme pour le monde entier», affirme à l'AFP Anibal Bedento Triana, un colosse de 62 ans, en blouse blanche.
À Vallegrande, où le corps du guérillero fut exposé puis enterré secrètement dans une fosse commune, le président bolivien Evo Morales lui a rendu un hommage vibrant. Il en a profité pour pourfendre le «capitalisme sauvage et inhumain» et les États-Unis. M. Morales, qui rendait un hommage personnel et non officiel selon son entourage, a réagi à certaines critiques au sein de l'armée qui allaient à l'encontre de sa participation à la cérémonie, qui se tenait en présence de plusieurs de ses ministres, ainsi que d'anciens guérilleros de Cuba et de Bolivie.
«Il y aura des commentaires rejetant ma présence ici. Mais je ne vois pas pourquoi occulter que nous sommes guevaristes, socialistes, révolutionnaires», a-t-il lancé, promettant d'«accompagner» le combat de Fidel Castro et son homologue vénézuélien Hugo Chávez.
À Cuba, le président cubain par intérim, Raul Castro, a présidé l'hommage rendu au guérillero en présence de la famille de Guevara et des hautes instances dirigeantes militaires et gouvernementales cubaines, sur la place de la Révolution de Santa Clara, à 300 km à l'est de La Havane.
La commémoration a débuté par la lecture d'un texte composé à la mémoire du Che par le leader cubain en convalescence Fidel Castro, paru hier dans la presse gouvernementale. Fidel y a salué «la grandeur du combat quotidien» du Che et a dit «s'incliner [...] avec respect et gratitude devant le combattant exceptionnel tombé le 8 octobre, il y a 40 ans».
Pendant l'insurrection menée contre la dictature de Fulgencio Batista (1952-58), le Che avait libéré Santa Clara en août 1958 et ouvert ainsi les portes de La Havane à Fidel et ses troupes révolutionnaires, qui y pénétrèrent triomphalement en janvier 1959.
Réunis hier à La Higuera, d'ex-guérilleros, salués avec enthousiasme par la foule, ont souligné la portée du message politique de Guevara, avant d'allumer un grand feu près de l'école où fut tué le Che.
L'un des trois survivants de son aventure bolivienne, Leonardo Tamayo Nunez dit «Urbano», a appelé au combat contre les États-Unis qui «se croient maîtres du monde», tandis qu'Emilio Morales, l'un de ses compagnons de route dans la Sierra Maestra, a affirmé que «la lutte armée est encore nécessaire»
Plus pacifique, Jade Garguilo, une Française de 31 ans aux allures hippies, se laisse bercer par le son des guitares et des flûtes de pans. «C'est beau, ce mythe du Che. Mais il ne faudrait pas que ça devienne trop le cirque ou une mode», a dit cette travailleuse saisonnière à Bordeaux.

