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drogue, prison, maladie
Le consommateur de simple marijuana y côtoiera le crime et la violence à un degré bien plus marqué que dans le société, et ce n'est pas là, à mon avis qu'il (re)trouvera le 'droit chemin'. On trouve en effet des drogues dans toutes nos prisons. malgré les efforts très coûteux de contrôle et de répression qui y sont déployés.
Pire, les personnes, encore plus marginales, qui s'injectent des drogues et qui se retrouvent en prison, où ils continuent de s'en injecter, sont privés des moyens qui leur sont donnés dans la communauté pour se protéger d'infections coûteuses (et éventuellement mortelles) qui se transmettent par le sang. Les taux de VIH sont en prison, au Canada, dix fois plus élevé qu'hors prison. Or on interdit les seringues: les détenus, clandestinement, sont 15 ou 20 qui utilisent la même seringue rouillée, épointée, pour s'injecter de l'héroïne par exemple. Les virus s'y transmettent à un rythme vertigineux. Les détenus ressortent de prison avec des infections, qui se transmettent ensuite dans la communauté.
En Suisse et dans une dizaine d'autres pays, les médecins de prison échangent aux détenus les vieilles seringues contre des neuves. Les données scientifiques d'évaluation de ces programmes, publiées depuis 15 ans, sont probantes: pas de nouvelles infections dans les prisons, ni d'augmentation d'usage de drogue, ni d'attaques à la seringue contre les gardiens.
Si Harper et ses collègues veulent envoyer les gens en prison pour un joint, nous sommes loin du jour où ils reconnaîtront la réalité qu'il y a des drogues en prison, la réalité du problème de santé publique qui se pose si l'on ferme les yeux sur les notions sanitaires élémentaires, et la réalité des coûts en soins de santé et en perte de productivité qui en découlent.
Oui, l'incarcération est un bon moyen de marginaliser encore davantage les marginaux, et d'apauvrir les pauvres, tout en stimulant le moral des troupes policières et des bâtisseurs de barreaux.
