Aux urnes le 26 novembre?

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Alec Castonguay
Édition du samedi 06 et du dimanche 07 octobre 2007

Mots clés : campagne électorale, Stephen Harper, Parti conservateur, Gouvernement, Élection, Canada (Pays)

Le scénario est décrit comme «le plus probable» par des stratèges conservateurs

Ottawa -- Les organisateurs du Parti conservateur ont encerclé une date de scrutin sur leur calendrier: le lundi 26 novembre. Les stratèges de Stephen Harper estiment qu'une courte campagne électorale de 39 jours (le minimum est de 36) pourrait nuire au Parti libéral du Canada, aux prises avec des problèmes internes qui risquent de le désorganiser pendant une partie de la campagne, selon les informations obtenues par Le Devoir. Une campagne condensée aiderait également les conservateurs à ne pas multiplier les gaffes, eux qui en ont commis plusieurs lors des deux dernières élections.

Ce scénario est actuellement décrit comme «le plus probable» par des stratèges conservateurs joints au cours des derniers jours. Il suppose un renversement du gouvernement le 18 octobre, soit deux jours après la lecture du discours du Trône, lors des premiers votes de confiance sur les sous-amendements. Stephen Harper rencontrerait donc la gouverneure générale le vendredi 19 octobre afin de dissoudre le Parlement. Par contre, si le gouvernement est renversé la semaine suivante, lors du vote final sur le discours du Trône, le jour du scrutin devra être reporté au lundi 3 décembre.

Une campagne électorale moins longue serait aussi à l'avantage du gouvernement pour une autre raison, estime Tom Flanagan, qui a dirigé les deux dernières campagnes électorales des conservateurs et qui est un conseiller informel de Stephen Harper.

«Lors de la dernière campagne, les conservateurs ont dévoilé une nouvelle idée par jour pendant sept semaines. Mais quand tu es au gouvernement, tu as déjà dévoilé plusieurs de tes intentions dans tes projets de loi ou lors du discours du Trône. C'est sûr qu'il faut quelques nouvelles idées, mais maintenir le rythme est plus difficile», a souligné M. Flanagan au Devoir. Politologue à l'Université de Calgary, il vient de publier un livre intitulé Harper's Team - Behind The Scenes In The Conservative Rise To Power. Il affirme que ses obligations à l'université l'empêcheront d'être à la tête de la campagne du PC si celle-ci est déclenchée cet automne.

Selon M. Flanagan, une campagne moins longue permet également d'imposer plus facilement le thème du leadership, car moins de sujets sont abordés en seulement cinq semaines. «Les conservateurs insistent sur le leadership comme thème fort depuis des mois. Ça va se poursuivre», a-t-il dit, soulignant qu'il s'agit du point faible de Stéphane Dion et du point fort de Stephen Harper.

La conférence de presse surprise de Stephen Harper mercredi, lors de laquelle il a fait monter les enchères en proposant une série de votes de confiance si le discours du Trône passe la rampe, a placé tous les partis politiques sur un pied de guerre électoral, y compris le sien. Selon le Globe and Mail, l'organisateur en chef des conservateurs, Doug Finley, a tenu une conférence téléphonique jeudi pour prévenir ses organisateurs et ses candidats d'être prêts à se lancer dans la bataille dès le samedi 20 octobre prochain. Selon M. Finley, le discours du Trône contiendra quatre ou cinq éléments indigestes pour les partis d'opposition, ce qui ajoutera aux probabilités d'un déclenchement électoral.

Mais plusieurs stratèges conservateurs continuent de douter des intentions de Stéphane Dion, qui décidera ultimement du sort du gouvernement. Le Bloc québécois et le NPD se positionnent pour voter contre le discours du Trône, mais le Parti libéral ne s'est pas prononcé. «M. Harper veut aller en élections, le moment est idéal. Mais est-ce qu'on va pouvoir y aller? Je ne crois pas. Je pense que M. Dion va laisser passer le discours du Trône», a soutenu une source conservatrice.

Les troupes libérales sont fortement divisées en ce qui a trait à la marche à suivre. Certains estiment que le PLC doit s'opposer à Harper dès maintenant, peu importe les conséquences. D'autres jugent au contraire que le parti a besoin de temps pour se refaire des forces.

Le PC en mode électoral

Toutefois, les conservateurs sont déjà en mode électoral. Le bunker (war room) du parti, d'une superficie de 1500 mètres carrés, est loué en banlieue d'Ottawa. Il comporte un studio de télévision moderne et 80 postes de travail informatisés. Les lobbyistes qui ont dirigé l'équipe de réaction rapide lors des deux dernières campagnes se sont fait dire de rester à la maison cette fois-ci, question d'éviter tout soupçon de conflit d'intérêts. Par contre, les militants, organisateurs et autres adjoints de ministre qui se retrouveront dans le bunker électoral doivent être prêts à se rendre dans cet immense local dès le 18 octobre.

«Toute notre machine électorale peut être opérationnelle en deux jours, gros maximum. Tout est bien huilé», a dit un stratège conservateur. Les contrats de location d'autobus sont déjà signés, tout comme pour l'avion. En Ontario, les conservateurs vont simplement réutiliser les autobus déjà modifiés du Parti conservateur provincial, dont la campagne électorale prend fin mercredi. Les couleurs de Stephen Harper remplaceront celles de John Tory. Près de 220 candidats (sur 308) sont déjà désignés.

Le Parti conservateur estime avoir les bonnes cartes en main pour remporter d'éventuelles élections, ce qui ajoute à la fébrilité des troupes. Les plus gros nuages ne seraient pas aussi menaçants que prévu, a souligné une source. «L'environnement et l'Afghanistan ne sont pas des sujets assez porteurs pour décider d'un scrutin. L'opinion des gens est déjà arrêtée, et ils ne voteront pas avec ça en tête», estime ce stratège conservateur. De plus, le vote de protestation sur ces deux sujets se divise entre le Parti libéral, le Bloc québécois et le NPD, ce qui avantage le Parti conservateur.

Les libéraux et le Bloc se préparent

Du côté libéral, on affirme que tout sera prêt à temps si des élections doivent avoir lieu. «Mon travail, c'est de tout mettre en place au cas où le chef déciderait de voter contre le discours du Trône. Et on va être prêts», a soutenu au Devoir Robert Fragasso, le président de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada.

Dans tout le pays, plus de 190 candidats (sur 308) sont déjà sur les rangs. Les ententes de financement avec les banques afin d'obtenir les 18 millions de dollars nécessaires pour mener une campagne sont conclues, de même que les contrats de location des autobus et de l'avion. On est actuellement à planifier les premiers jours de la tournée de Stéphane Dion advenant un déclenchement le 19 octobre. Une source libérale a expliqué au Devoir que les libéraux mettront l'accent sur l'Ontario pour débuter, là où le terrain est moins difficile qu'au Québec pour Stéphane Dion. Le thème de départ envisagé? Un gouvernement fédéral fort et rassembleur. On attaquera Stephen Harper en affirmant qu'il divise les provinces et affaiblit Ottawa.

Au sein du Bloc québécois, les préparatifs électoraux sont très avancés. Les autobus sont réservés auprès de l'entreprise Fleur de Lys. Les organisateurs de chaque circonscription doivent passer commande de leurs pancartes auprès de l'exécutif national avant mercredi. Même les attaches en plastique pour retenir les pancartes aux poteaux sont déjà achetées. La plateforme électorale est presque terminée alors que le bunker a été réservé sur le boulevard Crémazie, à Montréal, tout juste sous la permanence du parti. Le câblage des ordinateurs est en train d'être installé.

Le Bloc québécois n'a aucune dette alors que les comtés ont près de 2,5 millions de dollars en banque. «On a rarement eu autant d'argent sur le terrain pour faire campagne», a expliqué une source bloquiste.

Même son de cloche au NPD, où 170 candidats sont déjà nommés. Le parti de Jack Layton n'a plus de dette depuis huit mois. «On a rarement été aussi prêts pour des élections», a lancé Éric Hébert-Daly, secrétaire fédéral du NPD.


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Souvenez-vous ! - par Rolland St-Gelais (rollandstgelais@gmail.com)
Le samedi 06 octobre 2007 23:00

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