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À quoi bon Rabaska, si on prévoit une pénurie mondiale de gaz naturel ?

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Francis Déry
Envoyé Le samedi 06 octobre 2007 03:00



Je viens de lire sur Cyberpresse Québec lève le dernier obstacle au projet Rabaska

En septembre, dans une décision provisoire, la CPTAQ a refusé de dézoner les 271 hectares de terrains à vocation agricole situés à Lévis et convoités par les promoteurs du projet.

L'organisme juge que Lévis n'a pas démontré que ces terrains sont les seuls disponibles ou encore que l'emplacement choisi est celui qui risque le moins de sacrifier la vocation agricole du territoire.

Les opposants au projet, dont des agriculteurs et plusieurs groupes écologistes, auraient pu profiter des réserves émises par la CPTAQ pour entreprendre, sur la base de la Loi sur la protection du territoire agricole, des recours judiciaires et ainsi retarder voire menacer Rabaska, une perspective que Québec voulait éviter à tout prix.

« Il ne faut pas que des processus servent de nouveaux recours à des gens qui vont être contre » le projet, a dit M. Béchard.

Selon le ministre, retarder encore le projet représenterait un risque beaucoup trop grand, en termes d'approvisionnement.

« On pourrait fort bien se retrouver dans une situation où (...) dans six mois, dans trois mois, dans un an, il n'y ait plus de gaz de disponible sur le marché mondial, et ça pour le Québec cela représente un certain nombre de risques », a-t-il fait valoir, dans un contexte de diversification souhaitable des sources d'énergie.

« On va faire quoi si dans trois mois ou dans six mois ou dans un an on a un accord sur le projet, mais il n'y a plus de gaz ? », a-t-il ajouté.

C'est ahurissant. À quoi bon construire les ports de méthaniers de Rabaska et Gros-Cacouna si une pénurie mondiale de gaz naturel est à prévoir dans les prochaines années. Un argument que l'on nous sortait pour justifier ces deux projets est que nous allions vers une pénurie prochaine du gaz naturel albertain, même si les experts parlent d'une réserve suffisante dans l'Ouest pour les vingt prochaines années. Parce que le gaz naturel est une alternative intéressante aux autres énergies fossiles (charbon et mazout particulièrement), c'est à l'échelle mondiale que sa demande va exploser, beaucoup plus qu'au Québec.

Le gaz naturel est la source idéale d'énergie contrôlable en temps réel, après l'hydroélectricité, pour agir en complément avec des sources propres, mais volatile comme l'éolien ou le solaire, ou simplement non-contrôlées, telle l'énergie marémotrice.

Mais voilà, qu'au Québec, l'essentiel de notre production provient de réservoirs hydroélectriques. Nous sommes bénis comparés au reste du monde. ` Alors, à quoi bon Rabaska et Cacouna si ce n'est pour exporter le gaz de l'Ouest vers l'Europe.

L'incohérence du discours gouvernemental transparaît dans Cyberpresse, une filiale de Gesca, le bras médiatique de Power Corporation. Dois-je rappeler que Power a des intérêts dans la firme d'énergie française Total, qui est elle-même intéressée par Rabaska ?

Alors, on ne peut accuser Cyberpresse d'être tendancieux contre Rabaska.

Francis Déry, Montréal

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