Québec incitera les entreprises à passer du mazout au gaz naturel

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La Presse canadienne
Édition du mardi 02 octobre 2007

Mots clés : gouvernement, gaz naturel, mazout, Entreprise, Énergie, Québec (province)

Québec -- Au moment où tout indique que Québec s'apprête à donner le feu vert au mégaprojet de port méthanier Rabaska, le gouvernement Charest annonce qu'il aidera financièrement les grandes entreprises qui laisseront tomber le mazout lourd au profit du gaz naturel.

Toutes les entreprises qui tourneront le dos au mazout lourd pour répondre à leurs besoins d'énergie -- un produit très polluant, grand producteur de gaz à effet de serre (GES) -- auront droit à une subvention, pouvant aller jusqu'à un maximum de 40 $ la tonne de GES évitée.

Mais celles qui voudront continuer à polluer et à produire des tonnes de GES pourront continuer à le faire, le programme étant volontaire.

Malgré cela, d'ici 2012, Québec croit pouvoir réduire d'un million de tonnes par année la quantité d'émissions de gaz à effet de serre produite, grâce à une diminution espérée de 510 millions de litres de mazout lourd, soit une réduction de 25 %.

Du même coup, il augmente ses chances d'atteindre son objectif global de se conformer au protocole de Kyoto.

Les deux ministres qui ont procédé à l'annonce de ce nouveau programme, hier, Claude Béchard, des Ressources naturelles, et Line Beauchamp, de l'Environnement, ont cependant refusé de considérer que ce geste pouvait être interprété comme une justification du projet Rabaska de gaz naturel, qui serait construit sur la rive-sud de Québec au coût de 840 millions.

En fait, le programme de subventions vise en priorité à amener les grandes industries énergivores -- comme les papetières -- à renoncer au mazout lourd pour privilégier d'autres formes d'énergie plus douces, dont le gaz naturel, ou encore la biomasse forestière, ou à mettre en place des programmes d'efficacité énergétique.

Les subventions serviront par exemple à l'achat d'équipements.

Au total, Québec prévoit que ce programme coûtera 25 millions de dollars, financé à même le Fonds vert de 200 millions, créé en 2006, et qui consiste à prélever une taxe sur les hydrocarbures.

A ce propos, le ministre Béchard a indiqué que, comme prévu, la taxe sur les hydrocarbures entrait en vigueur le 1er octobre, et ce, même si la réglementation finale n'avait pas encore été déposée, ce qui devrait être fait «dans les prochains jours».

Les secteurs commercial et institutionnel seront eux aussi incités à adhérer à ce programme de conversion.

Parallèlement, pour bien faire passer son message aux industries, Québec entend prochainement resserrer la norme de teneur en soufre du mazout lourd, ce qui aura pour effet de hausser les prix et, a dit espérer la ministre Beauchamp, de constituer un incitatif supplémentaire pour passer au gaz naturel.

Le Québec, grand amateur de mazout lourd, en consomme 1,9 milliard de litres par année. Le gaz naturel émet 33 % de GES de moins que le mazout.

Quant aux projets controversés de ports méthaniers, Québec a déjà donné le feu vert au projet Cacouna et s'apprêterait à faire de même très prochainement pour Rabaska.

«Que ce soit cette semaine, la semaine prochaine, on va prendre les décisions en temps et lieu en ce qui a trait à Rabaska», a déclaré M. Béchard, assurant que la décision finale n'était pas encore prise.

Le projet Rabaska consiste à construire un terminal capable d'accueillir des navires méthaniers qui transportent à leur bord du gaz naturel liquéfié. Ce gaz serait par la suite regazéifié pour desservir les marchés du Québec et de l'est de l'Ontario.


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