Environnement et développement économique - Dumont est la cible de Charest et de Mulcair
Mots clés : Action démocratique du Québec, environnement, Mario Dumont, Gouvernement, Canada (Pays), Québec (province)
Le premier ministre et chef libéral, Jean Charest, a tourné en ridicule le virage vert de l'Action démocratique en fin de semaine lors de son conseil général à Victoriaville, affirmant que Mario Dumont et son parti étaient 20 ans en retard pour ce qui est de concilier l'environnement et le développement économique.
«J'ai entendu le vieux discours venant de la bouche de M. Dumont, en fin de semaine, qui dit que l'économie, dans le fond, ne doit pas être freinée par l'environnement. Il est environ 20 ans en retard sur la réalité. Au Québec, comme ailleurs, l'environnement et l'économie sont deux faces de la même médaille», a lancé M. Charest au cours d'une rencontre avec la presse.
Il a encore une fois accusé M. Dumont d'agir en opportuniste, de tenter de profiter d'un sujet à la mode.
M. Charest n'a pas été impressionné non plus par la présence, au conseil général de l'ADQ la fin de semaine dernière, de l'ancien président d'Hydro-Québec André Caillé et de l'ancien ministre péquiste de l'Agriculture Jean Garon.
«André Caillé propose de doubler les tarifs d'électricité, ce qui est exactement le contraire de tout ce que M. Dumont a dit, dans les dernières années, et André Caillé est contre le BAPE [Bureau d'audiences publiques en environnement]», a soutenu M. Charest. M. Dumont, quant à lui, s'est opposé à toute hausse brusque des tarifs d'électricité.
D'autre part, Mario Dumont s'est attiré les foudres de l'ancien ministre québécois du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs Thomas Mulcair, venu appuyer les quelque 40 groupes écologistes et comités de citoyens à l'origine du projet Archipel vert hier.
Invité par Le Devoir à commenter les propos de M. Dumont, l'ancien ministre devenu depuis député fédéral d'Outremont (NPD), Thomas Mulcair a déclaré que «c'est un des moments les plus étonnants qu'il m'ait été donné de vivre en politique».
«Quelqu'un qui convoque tous les médias pour redorer son blason en matière d'environnement et de développement durable, qui va jusqu'à inviter des têtes d'affiche du mouvement écologiste à sa rescousse et qui, à la fin de la journée, affirme que, par ailleurs, ce sera les grands projets d'abord: c'est comme s'il n'avait strictement rien compris, et on a tous été très, très surpris d'entendre ça. C'est dommage en réalité. Mais il est vrai que c'est toujours de bon ton de parler d'environnement. Mais faut voir de plus près les réelles intentions des gens: c'est ce qui compte. Et c'était très clair quand à la fin il a dit: ne pensez pas une seconde que ça va nous empêcher de faire ce qu'on veut comme projet. Ça dit tout», conclut l'ancien ministre de l'Environnement.
Avec La Presse canadienne

