Roméo Dallaire au procès de Munyaneza

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

La Presse canadienne
Édition du mardi 02 octobre 2007

Mots clés : génocide, Désiré Munyaneza, Roméo Dallaire, Justice, Canada (Pays), Rwanda (pays)

Le général à la retraite Roméo Dallaire

Photo: Agence Reuters

Roméo Dallaire s'est fait le témoin du génocide au Rwanda des centaines de fois, lors d'allocutions et d'entrevues, dans des livres et des films, mais il aura maintenant l'occasion de livrer son témoignage devant un tribunal canadien.

M. Dallaire, ancien général des Forces canadiennes qui siégeait hier au Sénat, doit se présenter à la barre, aujourd'hui, à Montréal, dans le cadre du procès pour crimes de guerre de Désiré Munyaneza.

Le résidant torontois fait face à deux chefs d'accusation de génocide, deux chefs de crimes contre l'humanité et trois chefs de crimes de guerre dans le cadre de ce procès qui constitue une première en vertu de la Loi sur les crimes de guerre adoptée en 2000 par le Canada.

M. Dallaire, à la tête de la mission organisée en vain par les Nations unies afin d'assurer le maintien de la paix au Rwanda, en 1994, est le plus récent spécialiste appelé à comparaître afin de préciser le contexte du génocide, lors duquel ont perdu la vie entre 800 000 et un million de Rwandais, selon un tribunal international.

M. Dallaire, témoin le plus en vue appelé à livrer sa version des faits lors de ce procès, ne devrait pas établir un lien direct entre Munyaneza et les crimes commis. Les procureurs doivent plutôt se servir de son témoignage dans le but de mettre en lumière la vaste étendue et l'organisation du massacre.

M. Dallaire est l'une des rares personnes en mesure de livrer un témoignage indépendant sur le génocide, a affirmé Paulin Ntezirayo, membre de la communauté rwandaise de Montréal.

«[Roméo] Dallaire ne se cachait pas pour survivre, il ne tuait pas des gens», a déclaré M. Ntezirayo.

«Avec son béret bleu de l'ONU, il est l'une des rares personnes qui pouvaient se déplacer et tout voir. S'il y a quelqu'un qui peut dire ce qui s'est passé, c'est lui.»

Aujourd'hui âgé de 61 ans, M. Dallaire, alors général, s'était vu confier la direction de la mission de l'ONU visant à maintenir la paix entre les factions qui s'opposaient lors de la guerre civile rwandaise, lorsque les massacres ont commencé, en avril 1994.

Il avait lancé une mise en garde quant à l'imminence d'un bain de sang et avait à maintes reprises demandé le soutien de troupes étrangères, une fois les tueries lancées. Au lieu de cela, la majeure partie de sa force a été évacuée et il s'est retrouvé avec quelques centaines de soldats, au plus fort du génocide.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com