Roméo Dallaire au procès de Munyaneza
Mots clés : génocide, Désiré Munyaneza, Roméo Dallaire, Justice, Canada (Pays), Rwanda (pays)

Photo: Agence Reuters
Le résidant torontois fait face à deux chefs d'accusation de génocide, deux chefs de crimes contre l'humanité et trois chefs de crimes de guerre dans le cadre de ce procès qui constitue une première en vertu de la Loi sur les crimes de guerre adoptée en 2000 par le Canada.
M. Dallaire, à la tête de la mission organisée en vain par les Nations unies afin d'assurer le maintien de la paix au Rwanda, en 1994, est le plus récent spécialiste appelé à comparaître afin de préciser le contexte du génocide, lors duquel ont perdu la vie entre 800 000 et un million de Rwandais, selon un tribunal international.
M. Dallaire, témoin le plus en vue appelé à livrer sa version des faits lors de ce procès, ne devrait pas établir un lien direct entre Munyaneza et les crimes commis. Les procureurs doivent plutôt se servir de son témoignage dans le but de mettre en lumière la vaste étendue et l'organisation du massacre.
M. Dallaire est l'une des rares personnes en mesure de livrer un témoignage indépendant sur le génocide, a affirmé Paulin Ntezirayo, membre de la communauté rwandaise de Montréal.
«[Roméo] Dallaire ne se cachait pas pour survivre, il ne tuait pas des gens», a déclaré M. Ntezirayo.
«Avec son béret bleu de l'ONU, il est l'une des rares personnes qui pouvaient se déplacer et tout voir. S'il y a quelqu'un qui peut dire ce qui s'est passé, c'est lui.»
Aujourd'hui âgé de 61 ans, M. Dallaire, alors général, s'était vu confier la direction de la mission de l'ONU visant à maintenir la paix entre les factions qui s'opposaient lors de la guerre civile rwandaise, lorsque les massacres ont commencé, en avril 1994.
Il avait lancé une mise en garde quant à l'imminence d'un bain de sang et avait à maintes reprises demandé le soutien de troupes étrangères, une fois les tueries lancées. Au lieu de cela, la majeure partie de sa force a été évacuée et il s'est retrouvé avec quelques centaines de soldats, au plus fort du génocide.

