Vainqueur du vote de dimanche en Équateur - Correa peut passer à ses réformes
Mots clés : réformes, Rafael Correa, Socialisme, Élection, Équateur (pays)
Quito -- Le président Rafael Correa, en obtenant, selon de premières estimations, la majorité absolue des sièges dans la nouvelle Assemblée constituante équatorienne, entend réformer en profondeur la Constitution et instaurer un modèle économique sous contrôle renforcé de l'État. Avant-même son élection il y a 11 mois, Rafael Correa, 44 ans, avait annoncé son intention d'imposer un «socialisme du XXIe siècle» et un «changement de modèle économique» pour que dorénavant «l'État planifie, régule et assure la promotion de l'économie, sans nationaliser les moyens de production».
Le parti du chef de l'État, Acuerdo Pais, a obtenu 70 sièges au total sur les 130 sièges attribués à cette Assemblée constituante, soit la majorité absolue, selon l'organisation indépendante Participation citoyenne qui a réalisé un décompte partiel sur 84 % des sièges, jugé représentatif. Les trois principaux partis d'opposition de droite totalisent 26 sièges.
Dimanche, dès la fermeture des bureaux de vote, M. Correa, un économiste de gauche avait parlé de victoire indiscutable. «La semaine dernière, nous savions par les sondages que nous obtiendrions 60 sièges [à l'Assemblée constituante], mais si les projections sont exactes, nous en obtiendrons 80 ce soir», soit plus que la majorité requise qui est de 65, avait-il précisé.
Selon les analystes, M. Correa dispose désormais de toute la marge de manoeuvre possible pour imposer ses réformes sans nécessité d'alliances.
Le président Correa a affirmé hier devant la presse à Quito que les Équatoriens souhaitaient que le Congrès, dominé par la droite, «rentre à la maison», estimant que c'était le «verdict du peuple équatorien».
L'assemblée qui changera la Constitution en Équateur devra accorder la priorité à la dissolution du Congrès afin d'éviter «des conflits» prolongés avec l'opposition, a affirmé à l'antenne de Radio Quito, le ministre de l'Intérieur, Gustavo Larrea.
Soulignant que son gouvernement «a obtenu le plus grand soutien populaire» dans l'histoire de l'Équateur, un pays qui n'a «jamais été aussi uni», M. Correa a indiqué que «2 ou 3 % de la population» soutient que le pays est divisé «car ils sont en train de perdre leurs privilèges».
L'ancien président Fabian Alarcon, tout comme les principaux dirigeants de l'opposition de droite, l'ancien candidat présidentiel Alvaro Noboa et l'ex-président Lucio Gutierrez, accusent le président d'abriter un «projet totalitaire en concentrant tous les pouvoirs».
La presse équatorienne estimait hier unanimement que les partis de droite s'étaient présentés très affaiblis et divisés à cette élection. Le quotidien El Commercio (indépendant) soulignait en particulier que le président Correa avait désormais les mains libres et «fixe ses conditions».
De premiers résultats officiels du scrutin seront annoncés d'ici le 11 octobre avec la possibilité de recours jusqu'à la proclamation définitive prévue le 22 octobre, a indiqué le Tribunal suprême électoral.

