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Confusion et quelques arguments contre l'interdiction

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Aziz Djaout
Envoyé Le lundi 01 octobre 2007 11:00



Je crois, pour ma part, qu'il y a une confusion dans la position du Conseil. Au nom de l'égalité hommes-femmes, il demande de proscrire le port de tout signe religieux ostentatoire. Mais, la kippa, par exemple, et ce même au plan des perceptions, n'a rien à voir avec l'égalité. Il est donc évident que ce qui pose problème au Conseil, c'est bien le voile de la musulmane et non pas tous ce qu'il appelle les symboles ou signes religieux. Donc, si on me le permet, je poserai une première question : pourquoi cette hypocrisie ? Puisque c'est le hijab qui est visait, disons-le carrément et discutons sur cette base.

Or, ce vêtement n'est pas un symbole. Il est justement un vêtement, qui a, dans l'univers de sens de l'islam, une fonction claire de couvrir le corps de la femme. Rien à voir avec ni la kippa ni la croix, qui ont une signification purement symbolique. Évidemment, on peut très bien ne pas être d'accord avec cette prescription religieuse de l'islam de demander aux femmes de porter le voile, mais il est tout à fait erroné de vouloir l'assimiler coûte que coûte à un symbole.

Reste deux choses. La charge idéologique (la soumission de la femme) ou politique (le voile comme équipement officiel de l'intégrisme musulmane) du tissu.

Primo : au nom de quel principe l'État interdirait-il l'expression des orientations ou des positions idéologiques ou politiques des citoyens ? L'accepter, serait, à mon humble avis, une grave regression par rapport aux idéeaux des sociétés libérales et démocratiques dont fait partie le Québec.

Secundo : le féminisme est-il le droit des femmes de choisir pour elle-même ? ou l'obligation de celles-ci de vivre selon le mode de vie décrété par certaines d'entre elles ?

Une femme porte le voile et elle clame que c'est là son choix. Que l'on cherche à la convaincre que son choix est erroné, je trouve cela tout à fait correct. Que l'on cherche à le lui enlever par la force de la loi, je dis qu'une telle imposition n'est pas plus légitime que celles des ayatollah et des talibans quand ils imposent le port du voile.

Une dernière chose : un fonctionnaire ou une fonctionnaire, s'il/elle est croyante, s'il/elle est incapable de ne pas mêler ses convictions religieuses dans son agir professionnel, il serait à mon avis préférable qu'il/elle agisse à visage découvert (je ne parle pas du voile). Car, une fausse neutralité reste une fausse neutralité.

Les religieux l'avait depuis longtemps compris : "l'habit ne fait pas le moine, ni l'imam, ni le rabbin". Quand comprendrons-nous que l'idée vaut aussi pour le laïcité. Ce n'est pas parce que je ne porterai pas ma kippa ou mon voile que je serais nécessairement un neutre dans le cadre de mes activités professionnelles.

Cordialement,
Aziz

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