Audi A4: choix multiple
Mots clés : Auto-Union, Allemagne (Pays), Audi A4, Canada (Pays), Automobile

La calandre, disions-nous... Celle-ci est plutôt massive, ce qui ne plaît pas à tous; mais elle incarne désormais l'identité visuelle de la firme d'Ingolstadt. Que l'on aime ou pas, il faudra s'y faire. Et puis Mercedes, qui a aussi accumulé les succès en compétition à la même époque, n'a jamais renié la sienne (sa calandre), ni son étoile d'argent.
Variété
À l'origine, l'A4 se déclinait en une seule configuration, soit une berline à quatre portes. Fort élégante d'ailleurs, ce qui a grandement contribué à son succès. Mais c'est lors de sa refonte, il y a six ans, que la gamme a commencé à s'élargir. À la berline sont venues s'ajouter une familiale, l'Avant, et la Cabriolet, une décapotable quatre places, très chic. La variété de versions existait déjà: elles se différenciaient essentiellement par leurs motorisations.
Pour l'année-modèle 2008, la gamme se décline donc ainsi: la berline, l'Avant et la Cabriolet sont offertes en versions 2.0T et 3.2, les chiffres indiquant la cylindrée de leurs moteurs. Comme chez BMW et Mercedes, il existe aussi une gamme «parallèle», constituée de versions plus sportives -- et par conséquent, plus musclées. Elles s'appellent M chez BMW et AMG chez Mercedes; chez Audi, ce sont les lettres S et RS qui annoncent la couleur.
Comme Dr. Jekyll et Mr. Hyde, l'A4 se transforme en bête féroce lorsqu'on installe sous le capot les V8 des S4 et RS4: 340 chevaux pour la première, 420 pour la deuxième. Sensations fortes en vue! Pas autant que chez BMW ou Mercedes, il est vrai; le tempérament des S4 et RS4 est plus policé, moins explosif. Mais le rouage intégral quattro assure un comportement de haut niveau et, surtout, permet une utilisation quatre saisons. Cela dit, ces versions s'adressent à une clientèle élitiste, tant par leur vocation ultrasportive que par le prix qu'elles commandent....
Le pain et le beurre
Les A4 2.0 et 3.2 constituent le pain et le beurre d'Audi. La première reprend le 4-cylindres suralimenté de Volkswagen, qui est un des meilleurs moteurs de l'industrie automobile. Son raffinement mécanique -- turbocompresseur, injection directe -- donne des résultats impressionnants: il consomme peu, tout en assurant des performances respectables. Il brille également par sa grande souplesse et se marie aussi bien à la boîte manuelle qu'à l'automatique, ou encore la transmission à variation continue Multitronic. Cette dernière est cependant réservée aux berlines A4 à deux roues motrices. Autre point fort de ce moteur: «l'effet turbo» est en fait inexistant. Donc, pas de temps de réponse ni de secousses.
Un cran plus haut, le V6 de 3,2 litres -- atmosphérique, cette fois -- utilise lui aussi le système d'injection directe FSI. Encore une fois, la consommation est tout ce qu'il y a de plus raisonnable; à peine plus élevée que celle du 4-cylindres turbo. Le V6 a la souplesse de ce dernier, mais il est plus silencieux. Il est aussi un poil plus véloce, forcément, parce que plus puissant. Mais la principale différence se situe au niveau du couple, généreux dans les bas et moyen régimes. À haut régime, il s'essouffle un peu et devient plus rugueux; la haute voltige, ce n'est pas son truc et il possède les ressources nécessaires pour s'y aventurer le moins souvent possible.
Si l'agrément de conduite est votre priorité, privilégiez la boîte manuelle à 6 rapports, qui est un modèle du genre: embrayage ferme, levier précis, étagement irréprochable... Du bonbon. Remarquez, la boîte automatique -- à 6 rapports, elle aussi -- est loin de démériter: tout se passe en douceur et les performances sont pratiquement les mêmes.
Juste milieu
Ce raffinement mécanique, et l'efficacité qui en découle, est présent partout. À commencer par les trains roulants, qui accomplissent, eux aussi, un travail remarquable. Ils procurent à l'A4 la douceur de roulement à laquelle on s'attend lorsqu'on se procure une voiture de luxe, sans que cela altère le comportement routier -- sur lequel repose, en grande partie, la réputation des voitures allemandes.
L'ingrédient de base pour des prestations routières de niveau supérieur, c'est une caisse bien rigide; celle de l'A4 l'est. Une bonne direction permet ensuite d'exploiter et d'apprécier le talent d'une bonne routière; l'A4, encore une fois, est fort bien servie. Rapide, précise et parfaitement dosée, elle optimise l'agilité et la maniabilité de cette voiture, d'autant plus que son rayon de braquage est très court.
La tenue de route est à la hauteur: la caisse reste bien neutre en virage, le roulis est parfaitement maîtrisé, et le sous-virage ne se manifestera que si on la pousse dans ses derniers retranchements. Sinon, la motricité exceptionnelle de la traction intégrale quattro, conjuguée à son excellent châssis, font de l'A4 une voiture aussi sûre que dynamique. Pas aussi enjouée que la petite A3; mais plus que la placide A6. Le juste milieu, en somme.
La tradition à l'intérieur
Si la marque aux anneaux s'est forgé une solide réputation sur le plan technologique, elle a aussi gagné ses galons pour l'aménagement intérieur de ses véhicules et la rigueur de leur assemblage. On peut même dire sans se tromper qu'Audi est la référence chez les allemandes, à ce chapitre. L'habitacle de l'A4 respecte la tradition en tout point, avec une décoration à la fois agréable au coup d'oeil et efficace. L'instrumentation est aussi fournie que facile à consulter, et les commandes sont à la portée de la main. Elles sont surtout moins complexes que celles des BMW et Mercedes, ce qui est une bonne chose. Zéro lacune ergonomique, donc, et une finition impeccable sur tous les plans.
Rien à redire côté confort, non plus. On est aussi bien assis à l'avant qu'à l'arrière, ce qui est digne de mention; le rembourrage n'est pas trop ferme, ce qui n'a pas toujours été le cas chez Audi; et le support latéral est satisfaisant. La seule fausse note concerne le dégagement pour les jambes à l'arrière, trop juste. Si c'est un aspect important pour vous, sachez que la situation a été corrigée dans la future A4, qui arrivera chez nous à l'automne 2008.
Conclusion
L'Audi A4 est l'une des meilleures voitures à l'heure actuelle. D'une génération à l'autre, elle s'est bonifiée, et la dernière évolution, il y a deux ans, lui a permis de résister aux assauts d'une concurrence de plus en plus forte, et pas seulement du côté des traditionnels rivaux européens: les marques de luxe japonaises se rapprochent de plus en plus, tout en proposant une fiabilité nettement supérieure. À ce chapitre, toutefois, Audi surpasse BMW et Mercedes, ainsi que les marques suédoises (Volvo et Saab). Bon point.
L'A4 demeure donc une voiture hautement recommandable, même si la génération actuelle en est à sa dernière année. Un conseil, cependant: méfiez-vous des options, nombreuses et coûteuses. Par exemple, le prix de détail suggéré d'une A4 Avant 3.2 est de 50 925 $; mais les options du modèle «tout garni» que j'ai conduit la semaine dernière faisaient grimper l'addition à 63 845 $. Pour une A4, ça commence à faire cher... De plus, certaines de ces options sont carrément à éviter: je pense notamment à la sellerie cuir de qualité prétendument supérieure. Non seulement faut-il débourser 1500 $, mais le commun des mortels n'y verra pas de différence.
Collaborateur du Devoir
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FICHE TECHNIQUE
AUDI A4 AVANT 3.2
- Moteur: V6 3,2 L
- Puissance: 255 ch
- 0-100 km/h: 6,6 s
- Vitesse maximale: 240 km/h
- Consommation: 10,9 L/100 km
- Échelle de prix: 35 350 $ (A4 2.0T) à 94 200 $ (RS4)
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